La déclaration de Donald Trump qui ne cherche pas à renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est fracassante, mais pas nécessairement inquiétante, selon une sénatrice qui estime qu’il s’agit d’une stratégie.
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« C’est une technique de négociation, ni plus ni moins », a affirmé Martine Hébert, sénatrice et ex-déléguée du Québec à New York et à Chicago, en entrevue à l’émission Le Bilan, mercredi.
Ce n’est pas la première fois que le président américain sous-entend qu’il n’a pas besoin du Canada. Or, plusieurs industries américaines pourraient dire le contraire, selon elle.
« À peu près la moitié de l’aluminium qui est consommé aux États-Unis vient du Canada, a-t-elle dit. Demain matin, s’ils voulaient produire 50 % de leur aluminium, l’aluminium qui vient du Canada, autrement dit, ils ne seraient pas capables de le faire ».
La sénatrice a également évoqué le fait que 40 % du bois dans les constructions dans l’État de New York vient du Canada.
« La potasse qui est utilisée dans le secteur agricole pour fertiliser les terres, à peu près 80 % de ce que les États-Unis utilisent en potasse, en fertilisant sur leurs terres, vient du Canada », a-t-elle précisé.
« Il essaye de nous faire croire là qu’ils sont capables, ils sont autosuffisants. Mais quand on regarde la réalité, je viens de vous donner juste 3 exemples, il y en a plusieurs autres comme ça, on pourrait parler du pétrole », a-t-elle ajouté.
Vers un changement de ton avant les élections de mi-mandat ?
Selon ses sources, plusieurs industries américaines souhaitent à tout prix que l’ACEUM soit maintenu.
« Quand on parle aux gens sur le terrain, ce n’est pas du tout le même discours qu’on entend de la Maison-Blanche. Évidemment, c’est la Maison-Blanche qui va décider en bout de ligne. Mais à un moment donné, la réalité va rattraper monsieur Trump », a expliqué Martine Hébert.
« Puis vous allez voir que plus on va approcher des élections de mi-mandat à l’automne, plus le ton va s’adoucir », a-t-elle ajouté.
Le pire scénario possible reste le cas de Donald Trump qui se retire de l’accord.
« Ça, ce serait beaucoup plus grave », a soulevé la sénatrice.
Toutefois, avec cette déclaration du président aujourd’hui, on ne se dirige pas pour cette option pour le moment. « Ça veut dire que l’accord va continuer jusqu’à son terme, en 2036 en principe », a-t-elle conclu.
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.
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