Traverser aux passages piétons à Montréal, «c’est périlleux»

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En moins d’une heure, 24 heures a été témoin d’une quinzaine d’infractions d’automobilistes et de cyclistes qui ne se sont pas arrêtés ou qui ont bloqué un passage piéton à Montréal, obligeant les marcheurs à se faufiler entre les pare-chocs ou à s’imposer pour pouvoir traverser de manière sécuritaire.

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« La majorité des automobilistes ne savent pas qu’au passage piéton jaune, ils doivent s’arrêter pour laisser passer les piétons. On est prioritaire sur eux. Des fois, je m’impose et je leur montre que ce sont eux qui doivent s’arrêter », lance Patricia, une résidente du Plateau-Mont-Royal, en pointant le passage piéton situé à l’angle des rues Rachel et Garnier, en bordure du parc La Fontaine.

Photo Gabriel Ouimet 

Ce segment de la rue Rachel, qui est bordée par une des pistes cyclables les plus achalandées de Montréal, est particulièrement chaotique, poursuit-elle.

« La très, très grande majorité des cyclistes ne s’arrêtent pas. Alors eux, ils n’en ont rien à faire des piétons. Alors je dirais que plus souvent le danger ce ne sont pas tellement les voitures, c’est plus les cyclistes qui ne s’arrêtent pas. Et que même si on est sur le passage piétons, ils continuent et ils foncent », dénonce-t-elle.

Plusieurs voitures se retrouvent également immobilisées sur la traverse pendant plusieurs minutes, obstruant la vue des piétons et les obligeant à les contourner.

Les marcheurs doivent ainsi redoubler de vigilance.

Des écoles primaires, secondaires, des garderies et un parc pour enfants se trouvent dans le quartier avoisinant.

L’article 410 du Code de la sécurité routière est pourtant clair : tout conducteur d’un véhicule ou cycliste doit s’immobiliser lorsqu’un piéton s’engage ou manifeste clairement son intention de traverser dans un passage pour piétons.

Un problème répandu et persistant

Le non-respect des passages piétons est un problème récurrent et bien connu dans la province, indique la directrice générale de Piétons Québec, Sandrine Cabana-Degani.

« Bien malheureusement, c’est de notoriété publique qu’au Québec, les passages pour piétons ne sont pas bien respectés. On l’entend tout le temps. Ailleurs au pays, comme en Ontario ou dans les provinces de l’est, c’est mieux. Dès que le piéton met un pied dans la rue ou manifeste son intention de le faire, on s’arrête. On a vraiment un travail culturel à faire au Québec pour que ce soit mieux respecté », lance-t-elle.

L’année dernière, Piétons Québec a surveillé des passages piétons à Alma, Amos, Gatineau, La Sarre, Lévis, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Montréal. Les résultats, note l’organisme, sont sans « sans équivoque et préoccupants » : sur 2414 conducteurs, seulement 676, soit 28 %, se sont complètement arrêtés pour laisser passer les piétons qui avaient la priorité.

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Des infractions aux conséquences potentiellement mortelles

Céder le passage aux piétons n’est pas seulement une affaire de courtoisie, mais une question de sécurité, rappelle Sandrine Cabana-Degani.

« Ne pas céder le passage, ça peut avoir des conséquences graves. Une collision grave ou mortelle sur deux impliquant des piétons survient à un passage piéton. Dans une collision mortelle sur cinq, le conducteur n’a pas cédé le passage alors qu’il devait le faire », détaille-t-elle.

En 2025, 75 piétons ont perdu la vie sur les routes du Québec, selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Il s’agit d’une augmentation de 13,6 % par rapport à la moyenne nationale des années 2020 à 2024.

Plus de 200 autres marcheurs ont été gravement blessés.

« Une révision du Code de la route est nécessaire »

Au Québec, le non-respect d’un passage piéton entraîne une contravention de 200 $ pour le conducteur de véhicule et 80 $ pour les cyclistes.

À Montréal, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont remis 601 constats d’infraction pour violation de l’article 410 en 2024, 532 en 2025 et 243 jusqu’à présent en 2026.

Une tendance à la baisse qui s’explique notamment par l’implantation d’îlots refuges et de saillies de trottoir dans de nombreux passages piétons ces dernières années, estime Sandrine Cabana-Degani.

Piétons Québec estime néanmoins que la perte de points d’inaptitude pour les conducteurs qui ne respectent pas la signalisation constituerait une autre solution intéressante pour améliorer la situation.

« Ce serait une façon de mettre de l’avant le fait que c’est une infraction grave, comme les autres infractions qui comportent des points d’inaptitude », conclut-elle.

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