Une ancienne col bleu de Montréal s’est battue pendant sept ans pour être indemnisée pour un accident de travail. Quand elle a finalement reçu son chèque de la CNESST, sa pension du fédéral a été amputée.
« Il ne faut pas trop que j’en parle, j’en tremble », s’indigne Ginette Henrichon en entrevue avec Le Journal.
La dame aujourd’hui âgée de 69 ans a été lourdement blessée à l’épaule lors d’un accident de travail en 2017.
« J’ai dû être opérée, et j’ai manqué neuf mois de travail », raconte-t-elle. « J’étais loin du bout de mes peines... »
Comme son employeur a d’abord refusé de reconnaître que sa blessure était le résultat d’un accident de travail, Ginette Henrichon a été forcée de s’arranger sans indemnisation. Pendant des mois, elle a regardé ses économies fondre lentement.
« Je n’avais pas le choix, il fallait payer le loyer et l’épicerie », se souvient-elle. « Puis j’ai recommencé à travailler, et j’ai pris ma retraite en 2021. »
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Un vrai beau cadeau de la vie
Après bien des efforts, Mme Henrichon a finalement réussi à faire reconnaître son accident de travail en 2024. La CNESST lui a alors versé une indemnisation de quelques dizaines de milliers de dollars (dont elle nous a demandé de taire le montant précis).
Les réjouissances ont duré jusqu’à la saison des impôts. Le chèque de la CNESST avait tellement fait augmenter le revenu annuel de Mme Henrichon que sa pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) a été amputée de 219 $ par mois. En 2025, cela représente un manque à gagner de 2628 $.
« C’est épouvantable », lance-t-elle. « L’argent du chèque a servi à couvrir certaines dépenses que j’avais faites avec mes économies. Si j’avais reçu le chèque avant ma retraite comme ça aurait dû être le cas, ma pension n’aurait pas été coupée ! »
Fatalité
Hélas ! Les règles sont les règles, dit le fisc, et il n’est pas grand-chose que Mme Henrichon puisse faire, sinon attendre que les mois passent.
D’une part, il n’est pas possible, comme l’aurait souhaité Mme Henrichon, de traiter de façon rétroactive une indemnisation pour un accident de travail.
D’autre part, le montant de la PSV est établi en fonction du revenu net déclaré l’année précédente, peu importe qu’il s’agisse d’un revenu régulier ou d’un versement unique.
« Dans certaines situations, une personne peut demander un redressement ou présenter une demande d’allègement administratif si elle vit de sérieuses difficultés financières. Toutefois, ces démarches n’entraînent pas automatiquement une modification du traitement fiscal et sont évaluées au cas par cas », a précisé une porte-parole de l’Agence du revenu du Canada en réponse à nos questions.
De son côté, Ginette Henrichon n’entend pas lâcher le morceau. Elle a déjà déposé une demande de redressement. La dernière fois que nous lui avons parlé, elle s’en allait, son dossier sous le bras, au bureau de sa députée fédérale.
« Je ne les laisserai pas faire ! » a-t-elle dit avant de raccrocher le téléphone.
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