Le monde va assez mal pour justifier facilement qu’on s’évade en regardant du hockey, surtout maintenant que le Canadien est redevenu excitant.
Je confesse une vieille fascination pour la poésie langagière du hockey, qui remonte à l’époque où René Lecavalier – je revois son veston bleu poudre – nous servait son merveilleux : « Il travaille d’arrache-pied ».
L’ère moderne ne donne pas sa place.
Voici 10 belles expressions que j’ai retenues, certaines entendues récemment pour la première fois, d’autres plus classiques, mais qui vieillissent comme le bon vin.
1. « Le bâton a fini sa course dans le visage de l’adversaire. »
En langage clair, il lui a « câlissé » un coup de bâton en pleine face, car la reprise m’a donné l’impression que c’était volontaire.
2. « Est-ce que le Canadien pourra le ralentir au niveau de sa robustesse ? »
Traduction : y a-t-il un volontaire pour se frotter à ce « goon » ?
3. « C’est un joueur qui finit ses mises en échec. »
S’il a une chance de vous imprimer dans la bande au point de vous faire oublier le prénom de votre mère, il ne se gênera pas.
4. « Il faut être du bon côté de la rondelle. »
Dès qu’il a ouvert la bouche, j’ai compris que Martin St-Louis, auteur de ce bijou, était un talent naturel.
Une rondelle a combien de côtés si elle est ronde ?
5. « Il faut mieux gérer la rondelle en zone adverse. »
Une autre perle de Martin St-Louis. Ça me semble une très bonne idée. Je vote pour.
6. « Il doit simplifier son jeu. »
Je comprends l’idée : le gars doit miser sur ses forces, rester dans ses limites, oublier les fleurs du tapis, etc.
Convenons cependant que s’il y a un univers où la complexité, qui est le contraire de la simplicité, n’est pas en surabondance, c’est bien celui du hockey.
7. « Il a fait bouger les cordages. »
Superbe figure de style qui évoque le milieu halieutique. La dernière fois que quelque chose a fait bouger mes cordages, c’était une truite dans ma puise.
8. « Il va falloir que Caufield se lève. »
Considérant sa taille, assis ou debout, la différence n’est pas frappante.
Mais il est vrai que nous avons hâte qu’il se remette à « faire bouger les cordages ».
9. « Il a sorti le joueur de l’équation. »
Prenons : y + ay = b(x). Comment fait-on pour sortir un joueur de là ?
10. « Il travaille dans les deux sens de la patinoire. »
Classique, indémodable, éternel. On touche ici au sublime, on s’élève dans les cieux. Du Rimbaud ou du RBO ?
Imaginez le gars qui ne travaillerait que dans un sens. Parvenu à une extrémité de la patinoire, il attendrait la Zamboni ?
Et vous, quels sont vos favoris ?
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1 week ago
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