Outre le ton agressif de la plus récente publicité de Donald Trump, c’est le fait qu’elle soit payée par l’État qui choque le plus, estime un spécialiste de la politique américaine.
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Dans un message vidéo diffusé au cours des derniers jours par l’administration Trump, on peut voir le locataire de la Maison-Blanche s’en prendre notamment aux médias, aux communistes et aux marxistes.
« Le vrai scandale, et j’imagine que c’est la raison pourquoi on en parle autant aux États-Unis – parce que c’est une vieille pub. Ces images-là, c’est une pub recyclée – la seule différence, c’est que c’est écrit au bas de l’écran : payé par le gouvernement américain », a commenté Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand, en entrevue à LCN lundi.
La Maison-Blanche s’est défendue en affirmant que les publicités gouvernementales ne sont pas un nouveau concept, elles existent depuis des décennies.
« Je ne vois pas comment l’Américain moyen pourrait voir là-dedans autre chose qu’une publicité partisane. Et les Américains, un peu comme tout le monde, n’aiment pas particulièrement l’idée de payer le travail et les choses des partis politiques avec leurs taxes », affirme M. Lavoie.
« Il n’y a jamais eu, selon une analyse très basique des personnages politiques dans les deux siècles et demi de l’histoire américaine, plus corrompus que Trump et sa famille. On y verra ici soit de la corruption pure ou sinon de la corruption à la Cicéron : c’est tricher la norme du sens de l’État », ajoute-t-il.
Certains sénateurs républicains ont même déjà dénoncé cette publicité. C’est le cas de John Neely Kennedy, en Louisiane, qui a déclaré qu’il devrait y avoir une loi pour empêcher de type de publicité payée par les fonds publics.
Le politicien s’est autocorrigé en soulignant le fait qu’il existait en fait déjà deux lois qui empêchent ce type de pratique.
Une première loi interdit formellement d’utiliser des fonds publics pour effectuer de la propagande, alors qu’une deuxième empêche un employé du gouvernement fédéral d’utiliser sa position de fonctionnaire pour contribuer à de la propagande.
« Alors dans ce dossier-là, comme dans le reste, il ne manque pas de lois pour arrêter le président, il manque de gens pour dire : “ça fera ” », résume l’expert.
La publicité a été notamment diffusée pendant un match de football universitaire de l’Ohio, un État où les élections de mi-mandat s’annoncent particulièrement serrées et dont l’issue pourrait être déterminante pour la suite de la présidence de Donald Trump.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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