Projet informatique en santé
: le gouvernement du Québec durement blâmé par l'AMP pour sa mauvaise gestion des fonds publics

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Le ministère de la Santé a signé un mégacontrat informatique de centaines de millions $ avec LGS-IBM sans disposer du budget nécessaire pour livrer l’ensemble du projet, dénonce le chien de garde des contrats publics.

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L’Autorité des marchés publics (AMP) écorche sévèrement la gestion du controversé projet SIFA, qui vise à moderniser les systèmes financiers et d’approvisionnement du réseau de la santé.

Québec a conclu en 2024 un contrat de 408,7 millions $ avec LGS-IBM afin de remplacer 41 systèmes en fin de vie et de moderniser les fonctions financières et d’approvisionnement dans la majorité des établissements du réseau. Il s’agit de la même firme qui a travaillé sur le projet SAAQclic.

Or, quelques semaines après la signature de l’entente, le ministère a « constaté » que le budget prévu par le gouvernement était insuffisant pour honorer le contrat et mener à terme ce vaste chantier numérique.

Mauvaise utilisation des fonds publics, absence de vérifications adéquates avant la signature du contrat et désengagement des responsabilités : l’AMP met en lumière d’importantes lacunes dans la gestion budgétaire et contractuelle du projet. Le ministère « minimise ses responsabilités et n’a pas agi de manière à assurer la bonne gestion des fonds publics », souligne le rapport.

Les coûts de développement du projet, estimés à 96,2 millions $ en 2022, « ont explosé » pour atteindre près de 300 millions $ en février 2026, selon l’AMP.

Puis, depuis le transfert du projet à Santé Québec, « les dépenses contractuelles liées à la phase de développement ont été révisées de manière importante ».

« Un contrat additionnel d’environ 50 millions $ est d’ailleurs jugé nécessaire, l’organisation estimant ne pas disposer de l’expertise interne suffisante pour superviser adéquatement les travaux du principal fournisseur », indique l’AMP.

Encore aujourd’hui, il demeure difficile d’évaluer avec précision le coût total du projet, estime le chien de garde.

Des millions à engloutir

À l’heure actuelle, Santé Québec a suspendu le projet SIFA, qui demeure toutefois « une priorité ».

L’organisation doit néanmoins continuer de verser des redevances à LGS-IBM. D’octobre 2025 à février 2026, Santé Québec a payé plus d’un million $ à l’entreprise, indique l’AMP. Mais, depuis mars dernier, les paiements atteignent 723 000 $ par mois.

« Ce que nous avons fait, c’est reprendre un projet complexe [...] La décision de suspendre temporairement le projet visait à protéger les fonds publics et à nous assurer que, si nous le poursuivons, ce sera dans un cadre beaucoup plus solide et transparent », a mentionné Santé Québec.

Santé Québec réclame d’ailleurs 280 millions $ de plus au gouvernement pour réaliser la moitié du projet initial.

Si le gouvernement autorise le rehaussement budgétaire demandé par Santé Québec pour poursuivre le projet, l’AMP impose plusieurs ordonnances pour protéger l’argent public, comme une gouvernance accrue, de la transparence, la collaboration du ministère de la Santé et une solide reddition de compte.

En septembre dernier, notre Bureau parlementaire a révélé que Santé Québec avait hérité d’un contrat mal ficelé, initialement signé par le ministère de la Santé, dans le cadre du projet de numérisation de ses systèmes financiers et d’approvisionnement (SIFA).

Si Santé Québec décide de se retirer, elle devra verser minimalement une pénalité supplémentaire de 175 millions $.

En mai 2025, Le Journal dévoilait déjà qu’un rapport d’audit réclamé par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique démontrait que l’initiative informatique du ministère de la Santé était un gouffre financier.

Malgré les avertissements faits à l’ex-ministre de la Santé Christian Dubé, le gouvernement s’est entêté.

Le ministre a persisté avec ce coûteux projet informatique de gestion du réseau de la santé, malgré les cinq avertissements du ministère du Numérique.

« L’ordonnance de l’AMP sur Santé Québec rappelle étrangement SAAQclic : mêmes failles de gouvernance, mêmes projets mal préparés, mêmes corrections après coup. Les reproches salés sont encore là. Il faut le dire : le gouvernement Legault et Fréchette n’ont pas été à la hauteur des attentes des Québécois », a affirmé le libéral Monsef Derraji.

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