À quel âge prendrez-vous votre retraite. Dans quelles conditions financières ?
Pour plusieurs Québécois qui envisagent de faire le saut, les dernières années ont rendu cette réflexion plus complexe.
Nous vivons 10 ans de plus que la génération précédente. Le coût de la vie et les besoins de base augmentent sans cesse ; le loyer, l’épicerie, la voiture, montent plus vite que la moyenne des prix.
Les finances publiques sont en mauvais état ; il est difficile d’imaginer qu’on vienne à la rescousse avec plus d’argent public.
Alors, 70 ans ? Plus ?
Prêts, ou pas prêts ?
Il plane comme un sentiment d’inconfort face à la retraite au Québec actuellement.
Alors que près de 50 % des Québécois craignent de manquer d’argent à la retraite, quelque chose doit changer. Mais quoi ? Plusieurs disent que le temps est venu de retarder l’âge des prestations, comme le RRQ ou la PSV.
La majorité des pays d’Europe l’ont fait : du Danemark à l’Italie, de la Norvège aux Pays-Bas, en passant par l’Allemagne ou le Royaume-Uni, c’est à 67 ans que se prend la retraite aujourd’hui.
Sommes-nous à ce point riches ; à ce point exceptionnels, que nous arrivions à faire différemment ? J’en doute.
Vivre vieux, mais comment ?
Une étude récente de l’Employee Benefit Research Institute montre que 75 % des Américains pensent prendre leur retraite après 65 ans, et 40 % après 70 ans.
C’est un pari risqué, que plusieurs perdent : dans les faits, moins d’une personne sur deux prend sa retraite après 65 ans, et moins de 10 % la prennent après 70.
La raison principale ? La santé, qui ne permet pas de continuer. La nôtre, ou celle d’un proche. On peut bien faire des plans ambitieux pour la fin de notre vie professionnelle... mais encore faut-il être capable de les réaliser.
Il faut l’avouer, parler d’espérance de vie, ce n’est pas parler de la vie elle-même.
Plusieurs personnes vivent jusqu’à 90 ans, mais leur santé est fragile pour les 20 dernières. On gagne des années, mais quelles années ?
Tout le monde n’est pas pareil, sauf que...
Le problème avec ces débats, c’est qu’on traite tout le monde pareil : le professeur d’université, le soudeur, l’infirmière, le camionneur. En imposant un âge d’admissibilité uniforme, on nie le fait que les corps n’ont pas connu la même carrière.
Pour y remédier, trois philosophies s’opposent : doit-on continuer de mesurer bêtement le nombre d’années cotisées, comme c’est la norme actuellement ? Doit-on tenir compte de la pénibilité du métier ; et si quelqu’un a changé 3 fois de carrière, comment calcule-t-on ça ? Ou peut-être encore devrions-nous examiner la santé réelle des gens et leur capacité fonctionnelle, pour déterminer ce à quoi ils auront droit.
Et dans ce dernier cas, qui mesure ? Qui décide ? Qui paie ?
Il faut, d’un côté, faire attention de ne pas confondre les statistiques avec la réalité des hommes et des femmes autour de nous. C’est un danger.
Mais pour autant, il ne reste plus beaucoup de marge de manœuvre pour venir en aide aux 500,000 Québécois qui disent être mal préparés pour la retraite.
Travailler plus tard, plus longtemps, fera partie de la solution. Il viendra un moment, inévitablement, où l’âge de la retraite devra être repoussé au Québec.
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20 hours ago
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