Le Kennedy Center s’est imposé depuis plus de cinq décennies comme un haut lieu culturel de Washington, mais son avenir est désormais menacé par Donald Trump, qui exige de pouvoir y inscrire son nom.
• À lire aussi : PHOTOS | Trump aperçu avec une affiche qui semble annoncer la « démolition du Kennedy Center »
• À lire aussi : Controverse autour du Kennedy Center : Barbra Streisand s’en prend à l’« ego sans limites » du président Trump
• À lire aussi : Le Kennedy Center de Washington risque la faillite, rapporte un média américain
L’imposante salle de spectacles est fermée depuis mercredi, de manière « temporaire » selon ses responsables, et la justice doit aussi se prononcer sur une fermeture longue durée pour des travaux d’envergure, votée par son conseil d’administration et voulue par le président américain.
Inauguré en 1971
Le Kennedy Center, massif rectangle de marbre blanc construit au bord du fleuve Potomac, a été inauguré en 1971.
Plus d’une décennie plus tôt, le projet de bâtir un centre culturel national dans la capitale américaine a été initié par le président Dwight Eisenhower, en 1958.
Entre les deux, deux mois après l’assassinat de John F. Kennedy en 1963, le Congrès américain a légiféré pour faire du futur lieu culturel un mémorial en souvenir du président démocrate.
Depuis plus de cinq décennies, s’y succèdent concerts de musique classique, contemporaine, jazz, opéras, ballets ou encore comédies musicales.
Avant la reprise en main de Donald Trump peu après son retour à la Maison Blanche début 2025, quelque 2000 événements artistiques y étaient proposés chaque année, en particulier par ses deux ensembles résidents, l’Orchestre symphonique national et l’Opéra national de Washington. Plus de deux millions de spectateurs et de visiteurs par an y étaient accueillis.
Le Kennedy Center compte au total plus de 7000 places dans six salles de spectacle et trois autres scènes.
Financement privé et public
Le Kennedy Center tire principalement ses recettes des ventes de billets et de collectes de fonds auprès de particuliers, entreprises et fondations.
Selon des données fiscales publiées par le média d’investigation ProPublica, pour l’exercice 2024, un tiers environ de ses plus de 300 millions de dollars de chiffre d’affaires était issu notamment de sa billetterie.
Un rapport d’audit indépendant daté de mars 2025 établit à plus de 81 millions pour 2024 et près de 112 millions pour 2023 cette source de revenus.
Le Kennedy Center reçoit aussi chaque année des crédits fédéraux, alloués spécifiquement à « l’entretien, la maintenance et la sécurité », et non destiné à financer ses activités culturelles. Cette enveloppe s’élevait à plus de 45 millions de dollars avant la prise de contrôle de Donald Trump. Elle est tombée autour de 37 millions depuis.
Des comptes dans le rouge sous l’ère Trump
Selon des documents internes consultés par le Washington Post, le Kennedy Center tablait pour l’exercice 2026 sur 220 millions de dollars de chiffre d’affaires. Mais ses responsables ont drastiquement revu fin mai ces projections à la baisse, de près de 100 millions. Malgré des dépenses sabrées, leurs prévisions anticipent désormais 23 millions de déficit.
En cause, la plongée de la billetterie et des dons après le changement de nom de l’institution culturelle pour y faire figurer celui de Donald Trump, avance le quotidien américain.
En 2024, le Kennedy Center affichait un bénéfice de 40 millions de dollars, selon ProPublica.
À l’été 2025, une enveloppe exceptionnelle de 257 millions de dollars, voulue par Donald Trump, a été votée par le Congrès américain, exclusivement destinée aux « grands travaux, rattrapage des retards d’entretien et infrastructures de sécurité », avec une utilisation possible jusqu’en septembre 2029.
C’est ce financement que le président américain menace de retirer si la justice ne finit pas par aller dans son sens.
Fidèles au conseil d’administration
De retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a rapidement remanié le conseil d’administration du Kennedy Center en y plaçant des fidèles.
Parmi eux, Usha Vance, la femme du vice-président américain JD Vance, Allison Lutnick, celle de son ministre du Commerce Howard Lutnick, sa cheffe de cabinet Susie Wiles, ou encore celui qui est devenu l’incontournable bande son de ses rassemblements avec sa chanson « God Bless the USA », Lee Greenwood.
Y siègent également des membres de droit, sept députés et sénateurs par exemple - dont l’élue démocrate Joyce Beatty à l’origine de l’action en justice contre les projets pour le Kennedy Center de l’ex-magnat de l’immobilier.
Donald Trump lui-même le préside - une première pour un président américain.
.png)
1 week ago
3


















Bengali (BD) ·
English (US) ·