Un homme vulnérable s’est enlevé la vie après un enfer d’au moins 25 jours dans un appartement de la Société d’habitation et de développement de Montréal infesté de punaises de lit.
« Les punaises de lit constituent une source de stress importante et peuvent entraîner des conséquences psychiatriques graves, voire mortelles, pour les personnes vulnérables », dénonce dans un rapport accablant la coroner Mylène Servant.
Elle a enquêté sur le décès d’un sexagénaire le 14 septembre dernier. L’homme, dont nous taisons l’identité par respect pour sa famille, a été retrouvé mort dans une ruelle de Montréal.
Au moment de son geste, son appartement était infesté de punaises de lit depuis plus de trois semaines sans que le gestionnaire de son immeuble n’envoie un exterminateur.
Il habitait Le Christin, un immeuble de 114 logements au centre-ville pour des personnes à risque d’itinérance. L’immeuble appartient à la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), mais il est géré par l’Accueil Bonneau.
Personne au poste
Le locataire avait des problèmes de santé mentale connus. Il prenait une médication et voyait un médecin. Or, il semble que son état se soit rapidement dégradé dès l’apparition des punaises de lit.
Ce dernier a avisé l’Accueil Bonneau dès le 21 août de la présence des insectes indésirables. Mais c’est resté lettre morte.
« Personne n’était en poste à cette période », note la coroner, ajoutant qu’il y avait un manque problématique de personnel.
Le 11 septembre, il a fait une première tentative de suicide, menant à son hospitalisation. La même journée, il a à nouveau alerté le gestionnaire.
Cette fois, une visite d’un exterminateur a finalement été prévue le 18 septembre, mais le sexagénaire s’est enlevé la vie quelques jours avant.
Déraisonnable
La coroner souligne qu’un délai de plus de 10 jours sans action est considéré « comme déraisonnable ». La propagation des punaises de lit est rapide, leur population pouvant doubler en 16 jours.
« Tout le monde devrait avoir droit à des logements salubres, c’est toujours bien le minimum », rage Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Il avait notamment côtoyé le locataire en question lors de manifestations.
Vivre 25 jours dans un logement infesté de punaises de lit pourrait rendre fou même la personne la plus saine d’esprit, estime-t-il.
Par courriel, la SHDM affirme mandater un exterminateur « dans les plus brefs délais » en cas d’infestation. Pour sa part, l’Accueil Bonneau répond prendre « pleinement acte » du constat de la coroner.
D’autres décès
D’ailleurs, d’autres coroners se sont déjà penchés sur des suicides en lien avec des infestations de punaises de lit dans le passé. Et ces infestations sont appelées à se répéter.
Le locataire décédé a laissé derrière lui des dessins sur les colonnes et les murs de l’immeuble Le Christin, que ses anciens voisins chérissent.
« Les problèmes de punaises sont fréquents parce que des gens dans l’immeuble ramassent n’importe quoi dans la rue et rentrent ça ici », commente un des locataires, Michel Boisvert.
– Avec Louis-Philippe Messier
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