Le premier ministre Mark Carney a annoncé dimanche le déclenchement de trois élections partielles qui se tiendront le 31 août. Cette décision pourrait témoigner d’une certaine « urgence » pour le chef libéral, dont la popularité commencerait à s’effriter sur fond de tensions avec les États-Unis, estime un analyste.
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L’annonce de nouveaux droits de douane américains de 50 % la semaine dernière, combinée à l’entente jugée « nébuleuse » sur le pont Gordie-Howe, aurait pu ébranler la confiance des électeurs, croit l’analyste politique Georges Mercier.
« Peut-être que l’étoile de Mark Carney, elle commence enfin à pâlir. Peut-être que son statut décline et peut-être qu’il a l’urgence de confirmer sa majorité », indique-t-il en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, lundi.
M. Mercier estime qu’il est difficile de savoir combien de temps le premier ministre pourra conserver l’appui des Canadiens si les négociations avec les États-Unis continuent de piétiner. Selon lui, cette incertitude pourrait expliquer pourquoi les élections partielles ont été convoquées aussi rapidement.
« Si Mark Carney continue à entretenir cette perception de faiblesse là par rapport au méchant Donald Trump, bien, ce n’est pas clair que si la partielle se tenait le 31 septembre ou 31 octobre ou 31 novembre, ce serait un député libéral qui aurait une aussi bonne chance de l’employer », souligne-t-il.
Une stratégie légale, mais contestée
Georges Mercier explique que lorsqu’un gouvernement est élu sans obtenir une majorité, certains premiers ministres cherchent à remédier à la situation en tentant de se bâtir eux-mêmes une majorité.
« On peut inciter certains députés qui avaient pourtant été élus pour un mandat de 4 ans à quitter leur poste. Comment on fait ça ? Bien, on les nomme sénateurs. C’est exactement ce que Mark Carney a fait avec M. Richard Martel dans Chicoutimi, qui provoque une élection partielle », explique-t-il.
Même si certains dénoncent ce type de stratégie, elle demeure parfaitement légale. L’analyste s’interroge toutefois sur son aspect moral.
« Les transfuges en politique, c’est légal. Un député a le droit de changer de famille politique s’il le souhaite. Il y a quelque chose d’un peu immoral là-dedans, surtout lorsqu’on considère qu’un député dans notre système politique, c’est rarement élu pour son nom. C’est élu pour le parti politique qui est écrit à côté de son nom et grâce à une machine de parti », ajoute-t-il.
Le Parti libéral du Canada détient actuellement une majorité à la Chambre des communes. Il a franchi le seuil des 172 sièges requis à la suite de victoires lors d’élections partielles tenues le 13 avril 2026, portant son caucus à 174 députés.
L’élection de nouveaux députés libéraux permettrait ainsi à Mark Carney de consolider cette majorité, qui demeure relativement mince.
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