Un instructeur de conduite montréalais qui a amplifié le fléau des « chauffeurs au rabais » ontariens en fabriquant de faux permis à des camionneurs inexpérimentés veut s’en sortir sans casier judiciaire... le jour même où Québec décide de leur serrer la vis.
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« Avec une absolution, je pourrais travailler comme camionneur et voir ma mère de 80 ans aux États-Unis, alors que si j’ai un casier judiciaire, je ne pourrais pas voyager nulle part », s’est plaint Gurpal Singh, ce jeudi au palais de justice de Montréal.
Le camionneur de 54 ans implorait ainsi la clémence de la juge pour avoir fabriqué ces faux permis de conduire indiens et pakistanais. Cela permettait à des ressortissants de ces pays de mentir sur leur expérience de conduite et ainsi d’obtenir plus vite leur droit de chauffer un poids lourd en Ontario malgré l’absence de prérequis obligatoires.
Règles resserrées
Surnommés « chauffeurs inc. », ces camionneurs qui se comptent par milliers sont des dangers sur les routes, ont souvent dénoncé des responsables de l’industrie.
Le fléau est tel que Québec a annoncé ce jeudi qu’il resserrait les règles en leur imposant des examens pratiques pour contrer le danger sur les routes.
En cas d’échec, ils devront suivre une formation obligatoire.
« La sécurité routière est primordiale et c’est pour cette raison que nous mettons en place ces deux nouvelles mesures », indique par communiqué jeudi Benoit Charette, ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Ciblé depuis 2019
Dans le cas de Singh, les policiers de la Sûreté du Québec l’avaient dans sa mire depuis 2019. Et lors d’une perquisition chez lui, les limiers ont saisi de quoi fabriquer de faux permis d’Asie du Sud, comme des estampes pour des documents officiels et même des certificats d’authenticité.
Mais même s’il s’agissait d’un travail relativement amateur avec des fautes de frappe sur des régions comme le Punjab, ou encore des coquilles sur les dates, les permis pouvaient être utilisés pour tromper le gouvernement ontarien.
Singh avait tenté de se faire passer pour un ignare informatique, mais cela n’avait pas convaincu la juge Mary Springate, qui l’a déclaré coupable de fabrication de faux.
Singh espère toutefois s’en sortir à bon compte, expliquant que cela lui permettrait de continuer à vivre une vie normale. La Couronne a toutefois noté que si l’accusé disait vouloir l’absolution pour voir sa mère en Californie, il n’y est pas allé depuis au moins 5 ans.
Quant à sa famille en Europe, Singh ne l’a pas vue depuis au moins 14 ans. S’il perd son emploi en raison d’un casier criminel, le camionneur a d’ailleurs indiqué qu’il ne pourra pas trouver un autre emploi... car il dit souffrir d’eczéma.
« Ça fait que je ne peux pas faire autre chose, comme de travailler dans un restaurant », a-t-il dit à la cour.
Les plaidoiries sur la peine se poursuivront dans les prochaines semaines.
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1 week ago
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