«Passer, c’est comme un coup de dés»: la reprise du trafic maritime reste timide dans le détroit d’Ormuz

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La reprise du trafic maritime demeure timide depuis l’entrée en vigueur de l’accord entre les États-Unis et l’Iran prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz. La présence de mines et la réticence des assureurs continuent de susciter des inquiétudes dans l’industrie maritime, souligne un expert.

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Bien que la circulation ait atteint son niveau le plus élevé en deux mois samedi, le secteur demeure préoccupé. Malgré les centaines de navires qui attendent depuis des mois de traverser le détroit dont environ le tiers sont des pétroliers, plusieurs préfèrent encore faire preuve de prudence, explique Eric Sauvé, vétéran des Forces armées canadiennes.

« Ce qu’on sait, c’est que du côté d’Oman, du côté sud [du détroit], il y a eu des mines qui ont été lancées. Les mines n’ont pas été marquées. Il y a beaucoup de débris dans le fond de l’eau, beaucoup de débris métalliques. Ils vont d’abord envoyer des démineurs, des drones pour faire le ménage », a-t-il affirmé aux ondes de LCN, samedi.

Eric Sauvé, vétéran des Forces armées canadiennes

Capture d'écran | LCN 

Eric Sauvé, vétéran des Forces armées canadiennes

L’autre obstacle majeur concerne les assureurs, qui demeurent méfiants quant aux risques associés à la traversée du détroit d’Ormuz.

« Les assureurs de Londres demandent des prix exorbitants ou carrément refusent d’assurer les pétroliers ou les navires. Donc ça va prendre un certain temps avant que la confiance revienne et puis qu’on puisse revoir le même niveau de passage dans le détroit », a déclaré M. Sauvé.

Des risques qui persistent

Selon Eric Sauvé, les armateurs ne sont toujours pas en mesure de garantir la sécurité de leurs équipages dans le détroit d’Ormuz.

« Ils ne seront pas escortés par les navires américains, ni probablement par des navires alliés. Donc, c’est peut-être ce moment un coup de dés quand on sait qu’il y a eu une reprise des combats au Liban, que l’Iran menace encore de frapper », a-t-il souligné.

Des navires amarrés à Bandar Abbas, le long du détroit d'Ormuz, le 18 juin 2026.

AFP 

Des navires amarrés à Bandar Abbas, le long du détroit d'Ormuz, le 18 juin 2026.

Les compagnies hésitent donc à prendre des risques avec leurs équipages, d’autant plus que plusieurs navires transportent d’importantes quantités de pétrole.

« S’il y avait un pétrolier qui était frappé, il y avait un dégât, ça bloquerait le détroit encore pendant plusieurs semaines juste pour le nettoyage par la suite », a-t-il expliqué.

Des mines « sophistiquées »

Le processus de déminage pourrait s’étirer sur plusieurs semaines, puisque cette opération nécessite un équipement spécialisé et que les mines utilisées aujourd’hui sont devenues « très sophistiquées ».

« À l’époque de la 2e guerre mondiale, c’était comme des boules noires flottantes au-dessus de l’eau. Maintenant, les mines peuvent être au fond de l’eau, elles peuvent flotter à mi-haut, être au-dessus. Il y a des mines intelligentes qui peuvent se déclencher seulement sur certains navires qui ont un certain poids », a-t-il souligné.

Cette image prise par le capteur MODIS à bord du satellite Terra de la NASA, acquise le 5 février 2025, montre le golfe d'Oman et la région du Makran dans le sud de l'Iran et le sud-ouest du Pakistan, ainsi que le détroit d'Ormuz et la côte nord d'Oman.

AFP 

Cette image prise par le capteur MODIS à bord du satellite Terra de la NASA, acquise le 5 février 2025, montre le golfe d'Oman et la région du Makran dans le sud de l'Iran et le sud-ouest du Pakistan, ainsi que le détroit d'Ormuz et la côte nord d'Oman.

L’entente, qui prend la forme d’un protocole d’accord de paix entre Washington et Téhéran, prévoit que les deux parties disposent de 60 jours pour conclure un accord définitif. Eric Sauvé estime toutefois que ce délai risque d’être insuffisant, particulièrement en ce qui concerne les discussions sur le programme nucléaire iranien, qui s’annoncent complexes.

« On n’est pas sorti de l’auberge, comme on dit, et les navires ne sont pas sortis du détroit d’Ormuz non plus », a-t-il conclu.

L’Iran a d’ailleurs fermé le détroit d’Ormuz, samedi, en représailles aux meurtrières attaques israéliennes au Liban qui violent, selon lui, les termes de son protocole d’accord avec les États-Unis.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.

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