Plusieurs frappeurs ont de la misère avec la balle courbe.
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Dès que c’est connu, ces frappeurs ne verront... que des balles courbes.
Le gouvernement caquiste lance ainsi une balle courbe à Charles Milliard, nouveau chef du Parti libéral du Québec (PLQ).
Au lieu d’attendre l’expiration du délai de 5 ans, la Coalition Avenir Québec (CAQ) veut reconduire dès maintenant la clause permettant de mettre la loi 96 sur le renforcement de la langue française à l’abri d’éventuelles contestations devant les tribunaux.
Liberté surveillée
M. Milliard s’est d’abord déclaré en faveur de l’utilisation de cette clause.
Par la suite, confronté à la fronde de la communauté anglophone, il a exprimé sa volonté de modifier la loi afin que son utilisation ne soit plus nécessaire.
Désormais, son intention serait de modifier la loi dans un premier temps, pour ensuite évaluer la nécessité d’y recourir.
Des commentateurs et des militants libéraux ont voulu voler à son secours.
On prétend, par exemple, que la manœuvre caquiste n’aurait qu’un seul but : coincer M. Milliard.
Évidemment. Et alors ?
Si on veut coincer M. Milliard, c’est parce qu’il est « coinçable ».
Et s’il est « coinçable », c’est précisément parce qu’il n’a pas d’autre marge de manœuvre que celle que lui laissent les anglophones du PLQ ainsi que les francophones du PLQ, qui ont une peur bleue de la colère des anglophones.
La manœuvre caquiste vise à exposer au grand jour la réalité qui prévaut au PLQ.
Pour secourir M. Milliard, on déploie aussi un second type d’argumentation.
On fait ce que les anglophones désignent par l’expression «taking the high road» (s’élever au-dessus de la mêlée).
On se drape dans la vertu, on invoque de grands principes, on essaie de faire passer la position adverse pour mesquine, petite, calculatrice, cynique.
On se donnera de grands airs pour dire que le recours à la clause dérogatoire ne devrait pas être fait « à la légère », mais seulement « lorsque nécessaire », jamais de façon « abusive », qu’il s’agit tout de même des « droits et libertés », etc.
Ça sonne bien, hein ?
Bref, on ne devrait pas y recourir ou n’y recourir qu’une fois que la Cour suprême aura invalidé une loi québécoise.
On fait semblant d’oublier que la législation canadienne fut conçue par Trudeau père pour empêcher justement des lois comme la loi 101 ou la loi 96.
Les dés sont pipés d’avance.
Hostilité
Tout cela n’est qu’un écran de fumée, une couche de vernis, une feuille de vigne en guise de cache-sexe.
On veut masquer le fait majeur que M. Milliard, comme Mme Anglade avant lui, ne peut s’opposer aux volontés des anglophones du PLQ.
On cherche également à masquer l’hostilité profonde, historique et constante d’une partie de la communauté anglophone envers la moindre mesure d’envergure destinée à défendre le français.
Pour beaucoup d’entre eux, le français est tout juste toléré, quand il n’est pas carrément une emmerdante nuisance.
Cela dure depuis plus d’un demi-siècle.
Et nous endurons cela.
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1 week ago
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