OTTAWA | OpenAI, géant de l’intelligence artificielle derrière ChatGPT, a enfreint les lois relatives à la protection des renseignements personnels, ont conclu des commissaires à la vie privée du Canada et du Québec dans un nouveau rapport.
Dans l’enquête conjointe, menée avec l’Alberta et la Colombie-Britannique au cours des derniers mois, on qualifie d’« excessive » la collecte de renseignements effectuée par l’entreprise américaine dirigée par le multimilliardaire de 41 ans, Sam Altman.
OpenAI a notamment enregistré des informations sur l’état de santé des utilisateurs, leur orientation politique et d’autres données profondément intimes. Depuis son lancement, l’outil est utilisé quotidiennement par des centaines de millions de personnes, y compris des enfants et des étudiants.
Un frein aux profits
OpenAI, à l’instar d’autres acteurs de ce secteur en explosion, tend à considérer que les mesures de protection des données ralentissent l’innovation, et, à terme, la réalisation de profits.
« Il faut envoyer un message que la vie privée et l’innovation, ça va ensemble. En fait, la vie privée, ça encourage l’innovation parce que ça génère la confiance », a réagi en conférence de presse le commissaire à la vie privée du Canada, Philippe Dufresne.
Ce dernier réclame le pouvoir d’émettre des ordonnances et de distribuer des amendes aux entreprises qui continuent d’enfreindre le droit à la vie privée des utilisateurs.
Philippe Dufresne veut aussi réformer la loi pour obliger les entreprises à « faire des évaluations de la vie privée [...] avant de lancer des initiatives », comme de nouvelles mises à jour de leurs robots conversationnels.
Le Québec en avance
Sur ce point, le Québec fait figure de précurseur. Comme l’a rappelé Naomi Ayotte, vice-présidente de la Commission d’accès à l’information du Québec, ces pouvoirs sont déjà en vigueur.
Malgré cela, le rapport contient des recommandations qu’OpenAI entend suivre, et, malgré les accrocs à la loi, aucune sanction n’est prévue à ce stade.
Mais s’il advient que l’entreprise contrevienne encore à la législation, « la commission n’hésitera pas à utiliser ses pouvoirs de surveillance, y compris ceux de sanctions pénales s’il le faut ».
« Nous avons les pouvoirs, nous sommes heureux de les avoir et nous allons les exercer lorsque [ce sera] approprié de le faire », a-t-elle déclaré.
Pas inquiet outre mesure
Le commissaire Dufresne a salué l’« engagement » de OpenAI à appliquer certaines des recommandations du rapport. L’une d’entre elles consiste à indiquer ses sources de manière plus proactive pour permettre à l’utilisateur de vérifier l’information générée.
Par ailleurs, le commissaire Dufresne a affirmé que l’utilisation de ChatGPT ne devrait pas être interdite, même pour les fonctionnaires ou toute autre personne œuvrant au sein du gouvernement, malgré les inquiétudes concernant les données.
OpenAI était évaluée à 852 milliards en dollars américains en avril, soit presque deux fois le PIB annuel du Québec, qui devrait atteindre 474 milliards en dollars américains en 2026, selon des projections du gouvernement.
L’entreprise, dont le siège social est situé à San Francisco, a récemment conclu une entente pour l’utilisation de ses modèles par le Pentagone à des fins militaires. Elle n’a pas de bureau au Canada.
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