Les parents d’un garçon de trois ans lourdement handicapé poursuivent un hôpital et deux médecins pour 9,7 millions $ en soutenant qu’on aurait négligé de demander une césarienne à temps.
« On se bat pour lui. On croit en lui, on est son seul espoir », témoigne Cindy Kibler, à propos de son fils Roméo.
Cette femme et son conjoint, Romain Costes, sont toujours en colère, plus de trois ans après la naissance de leur fils.
« Je ne pourrai jamais accepter la situation », avoue la mère de 35 ans.
« Ta vie change pour tout. Ce n’est pas ce pour quoi tu fais un enfant », ajoute M. Costes, 41 ans.
L’an dernier, le couple montréalais a déposé une poursuite de 9 720 000 $ contre le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et deux médecins, en lien avec la naissance de leur fils.
Un long accouchement
La grossesse s’était bien déroulée, et le bébé était à terme lorsque le couple s’est présenté au CHUM pour déclencher l’accouchement, le 7 septembre 2022.
Or, il a fallu près de 48 heures avant que l’enfant naisse.
« Il n’y a rien qui allait, le travail n’avançait pas, se rappelle Mme Kibler. J’étais en pleurs, je n’avais presque pas dormi. »
Selon la poursuite, « le col de l’utérus n’est pas favorable à l’accouchement ».
Après 24 heures, la femme s’est fait administrer un médicament pour stimuler la dilatation du col. Vers 3 h du matin, le 9 septembre, le travail était toujours au « stade 1 ».
Vers 13 h, la mère était « épuisée et en larmes » et a dit qu’elle ne « comprend pas pourquoi ne pas aller en césarienne directement au lieu de faire tout cela », lit-on.
Mme Kibler se rappelle avoir poussé « plus de deux heures ».
Vers 17 h 07, une césarienne d’urgence a été demandée. Seize minutes plus tard, le personnel n’entendait plus le rythme cardiaque du bébé, indique la poursuite.
Roméo est né « flasque » et a été intubé. Il a plus tard reçu un diagnostic de paralysie cérébrale.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Toute sa vie « brisée »
La poursuite reproche aux médecins de ne pas avoir effectué une césarienne à temps « alors qu’il s’agissait du traitement indiqué dans les circonstances », lit-on dans la poursuite.
Aujourd’hui, l’enfant manque de tonus, ne marche pas et a des spasmes. Il ne parle pas et ne peut pas se nourrir seul.
« C’est comme un bébé de trois mois dans un corps de trois ans et demi », résume le père.
« Il vit tous les jours avec cette conséquence-là. Il n’a rien demandé. C’est toute sa vie qui est brisée », témoigne sa mère, designer d’intérieur.
Les parents espèrent que les démarches judiciaires permettront d’assurer l’avenir de leur garçon. Désormais, toute leur vie tourne autour des besoins de Roméo.
« On doit vivre au jour le jour, c’est très angoissant. Le monde du handicap fait peur », confie la mère.
.png)
1 week ago
2
















Bengali (BD) ·
English (US) ·