Négociations sur le conflit au Moyen-Orient: «Le mot cohérence et l’attitude de Donald Trump ne sont pas dans la même réalité»

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Alors que des discussions ont été amorcées dimanche en Suisse entre Washington et Téhéran en vue de mettre fin au conflit au Moyen-Orient, la délégation iranienne a quitté la table des négociations à la suite de propos jugés offensants de Donald Trump. La situation ne surprend guère un analyste, qui juge que le comportement du président américain pourrait compromettre l’accord.

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« Le mot cohérence et l’attitude de Donald Trump ne sont pas toujours dans la même réalité », a commenté d’emblée le membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, Guillaume Lavoie, aux ondes de LCN, dimanche.

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.

Capture d'écran LCN 

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.

Selon lui, le président américain serait entré en guerre avec l’Iran sans réelle stratégie, et tenterait maintenant d’en sortir, une fois de plus, sans ligne directrice claire.

« Il est davantage gouverné par des pulsions qui varient aux 30 minutes entre ceux qui disent qu’il faut se retirer complètement, ceux qui disent qu’il le fait trop vite, alors il faut qu’il monte la ligne dure », a-t-il indiqué.

Ces variations de ton et d’approche à l’égard de l’Iran compliqueraient d’ailleurs la tâche du vice-président américain JD Vance, qui s’est rendu à Bürgenstock, en Suisse, où se déroulent les négociations entre les délégations iranienne et américaine.

Le vice-président américain JD Vance, le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, s’entretiennent lors d’une réunion quadrilatérale entre les États-Unis, l’Iran, le Pakistan et le Qatar au complexe hôtelier de luxe Burgenstock, en Suisse, le 21 juin 2026.

AFP 

Le vice-président américain JD Vance, le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, s’entretiennent lors d’une réunion quadrilatérale entre les États-Unis, l’Iran, le Pakistan et le Qatar au complexe hôtelier de luxe Burgenstock, en Suisse, le 21 juin 2026.

« Ça devient une tâche absolument impossible pour JD Vance qui se retrouve à être dans une situation où il n’est en charge de rien. Il n’est pas un décideur dans l’équation et la pire des situations est d’être à une table de négociation et que vous êtes au mieux un porte-parole, au pire quelqu’un qui est là que pour faire joli. Et il va trouver son temps en Suisse extraordinairement long », a-t-il mentionné.

Non-respect de l’Article no.1 de l’entente-cadre

Le fait que les discussions bloquent dès le début, alors qu’elles doivent s’étendre sur 60 jours avant une entente finale, ferait « le jeu des Iraniens » et de ceux qui ne souhaitent pas réellement parvenir à un accord, selon Guillaume Lavoie.

« Il y a une certaine cohérence du côté iranien avec un protocole d’entente dans lequel Donald Trump s’est beaucoup trop avancé. Et le protocole d’entente dit qu’il y aura une cessation des hostilités immédiates et permanentes partout, incluant le Liban. Et ça, c’est l’article un », a souligné M. Lavoie.

Un soldat de l'armée libanaise passe devant les décombres de l'agence locale de la Banque du Liban, la banque centrale libanaise, à la suite d'un bombardement israélien, à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 21 juin 2026.

AFP 

Un soldat de l'armée libanaise passe devant les décombres de l'agence locale de la Banque du Liban, la banque centrale libanaise, à la suite d'un bombardement israélien, à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 21 juin 2026.

Selon lui, les Iraniens ont donc « le beau jeu » de refuser de poursuivre les discussions tant que cet article n’est pas respecté, y compris sur le dossier du nucléaire, pourtant central pour les États-Unis.

« Pendant ce temps-là, l’Iran joue du fait d’avoir ramené de hauts responsables politiques américains au-devant de la scène publique et va jouer avec un peu forcer les Américains à perdre davantage la face. Et là-dedans, le seul qui est véritablement, absolument pas maître du jeu, c’est Donald Trump », a-t-il ajouté.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.

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