Les lycéens français ont entamé une nouvelle semaine de mobilisation avec des blocages de lycées à travers tout le pays lundi, avant une grande manifestation mardi pour laquelle Emmanuel Macron exhorte au calme.
• À lire aussi : Nouvelle semaine de mobilisation lycéenne en France
• À lire aussi : IMAGES | Des dizaines de milliers de jeunes manifestent à Paris pour réclamer des milliards pour l’éducation
Dans ce climat de tensions qui se prolonge maintenant depuis plusieurs semaines, le principal d’un établissement du sud de la France, non touché par le mouvement lycéen, a été blessé par balles lundi matin, ainsi qu’une enseignante. Un jeune de 14 ans a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes.
Les ministres de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, doivent se rendre lundi sur place, à Aubagne.
Depuis le 17 septembre et le début de cette mobilisation à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation des bâtiments et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup.
La manifestation mardi doit se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens », a appelé le président français lundi, dénonçant une volonté de récupération de la colère des jeunes par la gauche radicale.
Leurs revendications sont « des sujets qui méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect », a répété le président, en marge d’une visite au Mondial de l’Auto à Paris.
Lundi, plusieurs établissements sont à nouveau bloqués ou perturbés. Devant un lycée à Rennes (ouest), poubelles, barrières et matelas barraient l’entrée, a constaté l’AFP. Une dizaine de lycées de cette commune sont affectés par des blocages, selon la préfecture, avec des « feux importants“ et des ”violences urbaines ».
« Que l’État nous écoute ! » dit Naïla, 17 ans, élève en Terminale (dernière année de lycée), qui compte participer à la manifestation mardi.
Après avoir privilégié une réponse de maintien de l’ordre, et face à la multiplication de scènes de violence et d’affrontements qui ont notamment coûté la main à un lycéen, le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans toutefois convaincre les organisations lycéennes.
Le ministre de l’Éducation a notamment promis que 3000 professeurs remplaçants allaient être déployés dans les lycées où la situation est la plus critique.
« Annonces déconnectées »
Une annonce « assez déconnectée des réalités du terrain » alors que certains enseignants « ont été appelés pour faire un remplacement dans une autre discipline que la leur », a relevé sur la chaîne France 2 Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon s’est cependant voulue rassurante sur BFMTV : « Le déploiement a commencé » et « l’objectif, c’est d’optimiser l’organisation de ces remplacements », pas de « dégrader leurs conditions de travail ».
Dimanche soir, le premier ministre Sébastien Lecornu a rendu public un décompte des contributions à la plateforme de concertation lancée par le gouvernement à l’adresse des lycéens. Il a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront « certaines propositions formulées ».
Mais les réponses de l’exécutif laissent sur leur faim les organisations lycéennes.
L’Union syndicale lycéenne a maintenu sa revendication d’une suppression totale de la plateforme Parcoursup et d’un plan de dix milliards d’euros pour les lycées.
Et l’intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi, à quelques jours des vacances scolaires.
« Roulette russe »
La patronne du puissant syndicat CGT Sophie Binet a insisté lundi sur « la suppression de Parcoursup ».
« Ça n’est pas avec des annonces cosmétiques“ que le gouvernement ”va répondre à une colère de cette profondeur », mais « avec une modification en profondeur de son projet de budget », a-t-elle dénoncé sur la chaîne LCI.
Dans ce projet, « il y a 1588 suppressions de postes d’enseignants et d’enseignantes », « 200 millions d’euros en moins pour nos universités » ou encore « le gel des allocations logement et (...) des bourses étudiantes », a-t-elle souligné. « On ne joue pas l’avenir de nos enfants à la roulette russe. »
La poursuite des blocus inquiète en tout cas les plus de 10 000 étudiants en médecine qui commencent lundi les épreuves du très ardu concours de l’internat. Le concours étant national, toute perturbation dans un seul des centres d’examen peut entraîner une annulation de celui-ci partout.
Jeudi dernier, les rassemblements ont réuni au total 71 500 manifestants selon le ministère de l’Intérieur. Mardi, près de 256 000 manifestants avaient été recensés.
Selon un sondage Ipsos-BVA publié dimanche, une majorité de Français (54 %) soutient ce mouvement.
.png)
2 hours ago
7


















Bengali (BD) ·
English (US) ·