Épinglé à nouveau dans le dossier linguistique, Charles Milliard doit être exaspéré de voir l’aisance avec laquelle Christine Fréchette échappe à ses propres bourdes.
Fréchette a essayé de tendre un piège à Milliard à propos de la loi 96 en proposant de devancer le renouvellement de la clause dérogatoire, qui permet de suspendre certains droits individuels. C’était cousu de fil blanc et tellement insignifiant que cela étonnait venant d’une femme qui nous a habitués à plus de réflexion.
Et pourtant, mercredi, c’était à nouveau Milliard qui se retrouvait sur la défensive après avoir évoqué les deux langues officielles... au Québec.
MAL PRÉPARÉ
Milliard s’était plutôt bien débrouillé en réplique à la sortie de Fréchette sur la clause dérogatoire. Il avait rapidement affirmé qu’il y avait des éléments de la loi 96 qui nuisaient au secteur privé et que les libéraux voteraient contre.
Mais Charles Milliard n’a pas eu besoin d’un piège de Christine Fréchette pour s’embourber à nouveau sur la question linguistique : il a très bien réussi tout seul.
Le brouhaha qui a suivi était sans doute exagéré, mais évoquer les « deux langues officielles » signifiait pour moi deux choses : premièrement, Milliard se prépare mal pour ses points de presse et, deuxièmement, il divague et s’offre inutilement en pâture.
MANQUE D’EXPÉRIENCE
On sentait que Milliard était tanné des questions sur la clause dérogatoire. Too bad... ce n’est pas vous qui choisissez les questions des journalistes, M. Milliard.
Mais de quoi parlait Milliard en offrant, en anglais, de répéter sa réponse en espagnol ? Il voulait peut-être qu’on remarque qu’il parlait une troisième langue, mais qu’est-ce que cette diversion venait faire dans ses remarques devant les journalistes ?
On fait souvent la comparaison entre Fréchette et Mark Carney, mais il y a un aspect de Milliard qui, pour moi, rappelle plutôt les débuts de Carney. Comme Milliard, il n’avait aucune expérience politique. Il devenait exaspéré par les questions répétées ad nauseam par la tribune de la presse à Ottawa. Il lui a fallu près d’un an, mais il réussit maintenant à ne plus laisser paraître qu’il trouve une question sotte... sotte.
BESOIN D’AUTRES JOUEURS
Fréchette bénéficie de la présence de son fou du roi, Jean-François Roberge, qui est un démagogue d’une autre époque. Ses attaques contre Milliard sont insensées, mais Fréchette s’épargne d’être celle qui lance les répliques les plus cinglantes. Roberge sert à ça – et à pas grand-chose d’autre.
Charles Milliard est plein de potentiel. Il a une haute opinion de ses propres opinions, ce qui n’est pas, en soi, une mauvaise chose en politique.
Mais il doit avoir la modestie de réaliser que, comme chef de parti sans expérience parlementaire, il a énormément à apprendre.
Milliard sera sous haute surveillance pendant les cinq semaines qu’il reste à l’Assemblée nationale avant la campagne. Il doit s’en servir pour mieux s’entourer et, surtout, commencer à faire preuve de plus de discipline.
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1 week ago
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