Menacé de fermeture avant d’être sauvé il y a 25 ans, le Cinéma Beaubien, le plus vieux cinéma de Montréal encore en activité, affiche une santé déconcertante à l’heure où les plateformes comme Crave ou Netflix occupent une place grandissante.
Montréal compte une foule de commerces qui ont su résister au temps malgré les fluctuations économiques et qui s’élèvent au rang d’institution. 24 heures parcourt la métropole pour révéler le secret de longévité de ces vieux de la vieille.
« L’achalandage du Cinéma Beaubien a augmenté de 12 % en trois ans et on vient dépasser les deux millions de billets vendus sur 10 ans », souligne Roxanne Sayegh, directrice générale de l’entreprise.
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« Les cinémas de quartier s’en tirent bien », constate-t-elle, alors que les derniers chiffres de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec montrent qu’en 2025 l’assistance dans les cinémas est à son plus bas depuis 2016.
Trois propriétaires
Ce haut lieu du quartier Rosemont est né à une époque où les télévisions étaient inexistantes, mais les cinémas se comptaient par centaine.
Fondé en 1937, le Cinéma Beaubien n’avait qu’une salle de 700 places et projetait les films plusieurs semaines après ceux du centre-ville. Un billet coûtait alors 30 ¢.
Face aux difficultés économiques, il est vendu en 1941 à Canadian Odeon Theatres, qui le renommera Le Dauphin en 1964 et construira une deuxième salle.
Cineplex Odeon le rachète à la fin des années 90, mais connaît des difficultés et compte le fermer en 2000.
La résistance d’un quartier
Une mobilisation de citoyens, commerçants et élus se met alors en place pour sauver le dernier cinéma du quartier en créant un organisme à but non lucratif.
L’établissement rouvre en 2001 avec à sa tête Mario Fortin. À partir du 19 septembre, la direction actuelle célèbre les 25 ans de cette reprise avec des activités dans le quartier.
« C’est le dernier village gaulois qui a survécu », dit Mario Fortin. « Le Beaubien s’est toujours démarqué avec une programmation différente et pointue, mais pas élitiste. »
Aujourd’hui, la formule fonctionne encore : « 40 % de la programmation, c’est du cinéma québécois, 40 %, c’est du cinéma français », détaille Roxanne Sayegh, directrice depuis quatre ans.
Renée Hénault est une fidèle cliente depuis son enfance et continue de l’être même si elle habite en Outaouais.
« Le choix de films est moins commercial, il n’y a pas de publicités tonitruantes et le son est raisonnable », dit-elle.
« On fait partie d’un écosystème, détaille Roxanne Sayegh. Chaque dollar [dépensé au Beaubien] a un dollar et demi d’impact sur les commerces avoisinants. »
Pour Éric Bouchard, coprésident de l’Association des propriétaires des cinémas du Québec, le Beaubien « est dans un endroit géographique favorable et a développé une clientèle bien à lui, d’où ce beau succès ».
Les jeunes au rendez-vous
La clé du succès passe aussi par les films pour enfants, les promotions et les ciné-rencontres, une centaine par an.
« Les gens reviennent fréquemment », notamment les jeunes, selon Roxanne Sayegh. Les 18-29 ans sont ceux qui fréquentent le plus les salles, selon une étude de la SODEC sortie en janvier.
Roxanne Sayegh est optimiste pour l’avenir des cinémas qu’elle dirige : le Cinéma Beaubien, le Cinéma du Musée et le Cinéma du Parc.
« Ils ont une croissance de 26 % en trois ans », selon elle.
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1 week ago
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