Une peintre québécoise craint de devoir annuler sa toute première exposition à New York en raison des nouveaux tarifs douaniers imposés par Donald Trump. « Je trouve ça catastrophique que l’art et la culture paient le prix de cette guerre commerciale », soupire Isabelle Bouchard.
À l’heure actuelle, Isabelle Bouchard devait être en direction de New York ; 12 œuvres de la peintre québécoise doivent être exposées dans la galerie Artifact Projects, dans le Lower East Side de Manhattan, à compter du 2 septembre.
Le hic ? En vertu des nouveaux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, Isabelle Bouchard devrait débourser l’équivalent de 50 % de la valeur de ses tableaux pour les faire entrer aux États-Unis.
La facture s’élève ainsi à quelque 8000 $ US, soit plus de 11 000 $ CA, simplement pour passer la frontière américaine. Et rien ne garantit que les 12 œuvres trouveront preneur une fois accrochées aux murs de la galerie new-yorkaise.
« Dans le marché actuel, ça n’arrive pas souvent qu’un artiste vende toutes les pièces de sa collection. Ce n’est donc pas une option pour moi de payer cette surtaxe », explique l’artiste établie à Québec.
« Je ne peux pas augmenter le prix de vente de mes œuvres pour absorber le coût des tarifs. Alors ce serait un crash financier pour moi d’aller exposer à New York dans les conditions actuelles », poursuit-elle.
« Je cherche des solutions »
Malgré tout, Isabelle Bouchard refuse de s’avouer vaincue : pour l’instant, son exposition est toujours au programme de la galerie new-yorkaise.
« Je ne suis pas le genre de personne qui baisse les bras ou qui se résigne facilement. Cette exposition, c’est un pivot important dans ma carrière artistique. Alors je cherche des solutions », indique-t-elle.
L’une des avenues envisagées serait d’obtenir une exemption des droits de douane. Des lettres ont déjà été envoyées à différents intervenants du milieu, dont le député fédéral Gérard Deltell, afin de tenter de débloquer la situation.
Une autre possibilité serait de tenir l’exposition sous forme de catalogue. Les visiteurs de la galerie Artifact Projects pourraient ainsi consulter un registre présentant les 12 œuvres qu’Isabelle Bouchard a créées spécialement pour l’occasion, sans que les tableaux ne traversent physiquement la frontière.
« Je pourrais me rendre au vernissage sans mes tableaux. C’est certain que c’est beaucoup moins glamour et que ça réduit mes chances de vendre des œuvres. Alors j’espère toujours un miracle », dit-elle.
Pour l’instant, l’artiste garde donc espoir de pouvoir présenter ses tableaux comme prévu à New York. Mais à quelques jours du début de l’exposition, une chose est certaine : pour cette peintre québécoise, le rêve américain est soudainement devenu beaucoup plus coûteux.
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1 day ago
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