Si la ministre France-Élaine Duranceau impose le retour au bureau trois fois par semaine aux fonctionnaires, c’est dans le but de générer des idées nouvelles et d’encourager le savoir-vivre. Les employés de l’État ne sont pas des « ados », répliquent les syndicats.
• À lire aussi : Retour des fonctionnaires au bureau : 3 h dans le trafic pour se brancher sur Teams
• À lire aussi : Retour en présentiel 3 jours/semaine : les fonctionnaires en réunion virtuelle... au bureau
« Quand vous côtoyez des collègues, ça amène quelque chose : il se brasse des idées, puis on innove, on apprend à se comporter comme il faut. C’est ça, retourner au bureau ! » a lâché mercredi la présidente du Conseil du trésor.
Régionalisation des jobs dans la fonction publique et retour au bureau obligatoire ne font pas bon ménage : des fonctionnaires de partout au Québec qui avaient accepté de s’installer en région sont maintenant forcés de passer des heures sur la route pour se brancher en réunion virtuelle toute la journée, a révélé notre Bureau parlementaire.
Non seulement elle garde la ligne dure et n’a pas l’intention de permettre des allégements aux employés de l’État qui ont des postes régionalisés, mais France-Élaine Duranceau ne veut plus en parler.
« Je pense qu’on en a assez parlé de ça, du télétravail. Le retour au bureau trois jours par semaine [...] c’est une demande qui est très raisonnable, puis quand on regarde d’ailleurs ce qui se passe au Canada et dans le privé, je pense qu’il faut en revenir », a-t-elle pesté, en réponse aux questions des journalistes.
Avant, les gens se parlaient au téléphone, maintenant, « on se parle sur Teams », a renchéri la ministre. Elle s’attend à ce que les gestionnaires des ministères et organismes veillent à ce que les employés puissent se côtoyer lorsqu’ils sont en présentiel dans les tours de bureaux.
France-Élaine Duranceau a tout de même admis faire des vérifications pour s’assurer que toutes les antennes gouvernementales régionales soient munies de tous les équipements.
Notre Bureau parlementaire a mis en lumière des cas où des fonctionnaires doivent désormais arpenter des dizaines de kilomètres sur les routes de campagne pour venir travailler dans un édifice de l’État sans imprimante ni wifi.
« Ça prend du wifi dans les bureaux », a-t-elle dit.
« Pas des ados »
La réplique syndicale n’a pas tardé. Les professionnels du gouvernement du Québec sont « outrés » que la ministre Duranceau sous-entende qu’ils ne savent pas se comporter. « Nos membres sont les experts de l’État et ils agissent comme tel. Ce ne sont pas des ados à qui on doit apprendre à se tenir », a réagi le président, Guillaume Bouvrette.
Selon lui, il faut cesser de blâmer publiquement les travailleurs pour « détourner l’attention » des problèmes liés à la réduction du télétravail.
Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) dénonce également les propos « hautains » de la présidente du Conseil du trésor. « C’est une attitude inacceptable envers nos membres », a fait valoir le président, Christian Daigle.
Ce qu’ils ont dit :
« L’attitude méprisante de la ministre Duranceau est inacceptable. Entre le manque d’aménagement adapté, le trafic et l’absence de ressources dans certains bureaux, le téléprésentiel imposé par la ministre est ridicule et entache la réputation du gouvernement comme employeur. Les fonctionnaires n’ont pas à recevoir de leçons de morale de la ministre. Elle doit être à l’écoute des travailleurs et travailleuses, et revenir en arrière » - député solidaire Etienne Grandmont
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.
.png)
1 week ago
4
















Bengali (BD) ·
English (US) ·