Les fédéralistes sans arguments

1 week ago 9

Cela me frappe : chaque fois que j’écoute nos fédéralistes médiatiques parler de la question nationale, je constate qu’ils sont sans arguments.

C’est très étrange.

Peut-être n’en sont-ils pas capables ? Possible.

Ils adhèrent au Canada spontanément (c’est le cas, évidemment, lorsqu’ils sont anglophones, ou qu’ils sont issus de l’immigration et intégrés politiquement et mentalement aux anglophones, c’est plus étrange lorsqu’ils sont francophones), mais sont incapables de justifier pourquoi.

L’exclusion du Québec de l’ordre constitutionnel canadien ? Le risque de voir nos lois les plus importantes démantelées par la Cour suprême ? L’immigration démentielle qui nous condamne à la noyade démographique ? L’anglicisation de Montréal, de Laval, des 450, et demain, de Québec ? Le fait qu’Ottawa décide à notre place sur les questions économiques les plus vitales ?

Référendum

Ils n’ont rien à dire – sauf mener des campagnes de peur. Ça, ils savent faire.

Surtout, ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : référendum.

Les Québécois ne voudraient pas de référendum. Nos fédéralistes le disent, le répètent, et ne vont pas plus loin. À certains égards, on les comprend. Ils profitent et prolongent une propagande mise en place depuis trente ans et qui s’est montrée efficace.

Le régime canadien, depuis 1995, est parvenu à transformer le référendum en terme traumatique auprès d’une bonne partie de la population.

Voyons-y une forme de conditionnement à grande échelle d’une population, amenée à développer un réflexe pavlovien lorsqu’elle entend un mot. C’est ainsi qu’on manipule les peuples.

Tout cela, je le redis, fonctionne, comme en témoigne notre sondage, paru hier, et qui semble confirmer que la peur référendaire a détourné au dernier moment bien des électeurs du Parti Québécois.

L’électeur ordinaire, qui pour des raisons bien compréhensibles, ne passe pas son temps à penser à la politique, a ainsi appris à répéter qu’il ne veut pas de référendum. On y verra, si on veut, une forme de guerre psychologique menée par les fédéralistes pour verrouiller mentalement la question nationale.

Devant cela, les indépendantistes peuvent évidemment déconstruire l’interdit autour du référendum. Cela exige un patient travail pédagogique.

Il y a d’autres moyens aussi, et PSPP vient d’en donner le signal avec sa politique de contournement et de neutralisation de la monarchie.

Il pourrait aussi, demain, adopter les lois nécessaires pour le Québec, sans respecter la constitution canadienne, parce qu’elle n’est pas respectable. Cette stratégie, théorisée depuis 25 ans par Robert Laplante ou Simon-Pierre Savard-Tremblay, élargirait les marges d’autonomie du Québec.

Stratégie

Ce sera à Ottawa de nous expliquer pourquoi nous n’avons pas le droit de faire ce que nous croyons bon pour le Québec.

Autrement dit, le Québec doit cesser d’intérioriser la contrainte canadienne, comme s’il devait consentir à sa soumission.

Faut-il même faire des référendums sectoriels ? Peut-être. Le référendum sur l’indépendance viendra, quand il aura été dédramatisé, quand les Québécois auront appris à sortir de l’emprise mentale d’Ottawa, et de la référendophobie par laquelle elle se traduit.

Cela viendra assez rapidement.

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