« N’ayez pas peur »
C’est la phrase que Jacques Parizeau a tenu à inscrire sur sa pierre tombale.
Je suis sûr que, si monsieur Parizeau voyait ce qui se passe aujourd’hui au Québec, il serait découragé.
Parce que s’il y a un mot qui résume l’actuelle campagne, c’est bien « peur ».
Les Québécois ne se demandent pas qui sera la meilleure personne pour faire avancer le Québec.
Mais qui sera la meilleure personne pour l’empêcher de reculer.
On cherche une jupe sous laquelle on pourra se réfugier.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Continuer en continuant
Qu’est-ce que les gens craignent le plus lorsqu’ils ont peur ?
Le changement.
Ça les angoisse, ça ajoute de la peur à leur peur.
Alors, ils s’accrochent à ce qu’ils connaissent.
Mieux vaut s’ennuyer dans son demi-sous-sol terne et gris plutôt que de partir en croisière, de frapper une tempête et de couler.
Voilà pourquoi le PLQ et la CAQ (pardon : l’Équipe Fréchette) montent dans les sondages.
Contrairement au PQ et au PCQ, ils ne promettent aucun changement majeur.
Ils vont juste continuer... de continuer.
C’est ça que veut dire le slogan de Christine Fréchette : « Avançons ».
Pas « avancer » dans le sens de « progresser ».
Mais « continuer d’aller où on voulait aller ».
On ne sort pas des sentiers battus, non.
On continue d’avancer.
Avancer pour aller où ? Pour faire quoi ?
On ne sait pas.
On marche.
Tranquillement.
Un bâton de soutien dans chaque main pour être sûr de ne pas perdre l’équilibre.
Tout le monde est là ? Parfait ! Allez : on avance le pied gauche.
Puis le pied droit.
C’est ça ! Tout le monde ensemble !
Comme les enfants quand ils vont au parc avec leurs éducatrices de garderie...
On tient la corde et on porte son dossard !
« Une souris verte / Qui courait dans l’herbe »
Allez, Antoine, chante !
Oh, attention les p’tits, on arrête, il y a un feu rouge !
T’as apporté ton lunch, Juliette ?
Allo maman bobo
C’est le mal de l’époque.
La peur, l’angoisse.
Les jeunes qui entrent à la maternelle sont angoissés.
Les jeunes qui entrent à l’élémentaire sont angoissés.
Les jeunes qui entrent au secondaire sont angoissés.
Les jeunes qui entrent au cégep sont angoissés.
Oh mon Dieu, un nouveau prof, de nouveaux camarades, que de changements !
Nos ancêtres se battaient contre les Anglais, le scorbut, les tempêtes, les Amérindiens...
Nous, on change de classe et on capote.
Alors, imaginez faire un pays ou reconstruire le modèle québécois !
Non, ce qu’on veut, c’est le changement dans la continuité.
Vous vous rappelez les Flintstones ? Quand Fred Caillou court ? C’est toujours le même paysage qu’on voit passer derrière lui. Le même arbre, la même roche.
Eh bien, c’est ça.
On avance mais rien ne change.
C’est ça, le PLQ et la CAQ (pardon : l’Équipe Fréchette).
On marche sans avancer d’un pouce.
Comme les gens qui courent sur un tapis roulant.
Comme le chantaient Talking Heads, « We’re on a road to nowhere... »
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2 weeks ago
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