Chaque année, plus de 250 M$ sont versés en commissions par les hôteliers aux plateformes étrangères de réservation en ligne, une situation dénoncée par l’industrie qui demande des engagements aux partis politiques visant à mieux encadrer cette pratique.
• À lire aussi : Plusieurs records fracassés : un mois d’août exceptionnel pour les hôteliers de la grande région de Québec
Dans le contexte de la guerre tarifaire, alors que l’achat local est plus que jamais encouragé, les associations hôtelières s’unissent pour dénoncer des règles de concurrence « inéquitables » qui pénalisent leurs membres.
« On veut reprendre le contrôle de nos réservations. Pour nous, ça n’a pas de sens. Il y a un contexte économique actuellement qui exige de maximiser chaque dollar pour générer des retombées chez nous. C’est urgent de revoir les règles qui encadrent ces plateformes », affirme Véronyque Tremblay, PDG de l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ).
Les associations demandent notamment l’abolition de la règle de parité tarifaire imposée par les Online Travel Agencies (OTA), comme Expedia, Booking.com, Tripadvisor ou Hotels.com.
Cette clause empêche un hôtelier d’offrir un tarif plus avantageux sur son propre site, que celui affiché sur une plateforme étrangère. Ces mêmes plateformes revendent même parfois des chambres à d’autres intermédiaires qui eux offrent des prix inférieurs.
Les hôteliers doivent verser une commission à ces plateformes qui se situe entre 15 et 30 %. Des pénalités sont imposées aux hôteliers qui ne respectent pas la clause de parité tarifaire.
Jouer à armes égales
Un sondage mené par l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ), en collaboration avec l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) et l’Association hôtelière du grand Montréal (AHGM) révèle que 52 % des hôteliers vendent plus de 30 % de leurs chambres par l’intermédiaire des OTA. Depuis trois ans, la proportion des ventes provenant de ces plateformes est en augmentation.
« Si on ne fait rien, le problème va juste empirer. Le but, ce n’est pas de partir en guerre contre ces plateformes », affirme Mme Tremblay qui reconnaît qu’elles représentent un outil de commercialisation important.
« Nous demandons simplement que les hôteliers puissent jouer à armes égales et avoir la liberté de vendre leurs chambres aux conditions qu’ils souhaitent », ajoute-t-elle.
« Les hôteliers sont libres d’y adhérer, mais, de moins en moins, car si tu n’adhères pas aux plateformes, ça commence à être difficile de te faire remarquer », souligne Mme Tremblay.
Dans certains marchés, comme Québec, plus de 80 % des hôtels appartiennent à des propriétaires indépendants, qui ont en général moins de pouvoir de négociation face aux géants numériques.
« Ce n’est pas une loi qui est si complexe, mais qui va avoir tellement d’impact en laissant l’argent ici et qui va permettre de réaliser des investissements majeurs dans nos parcs hôteliers », soutient de son côté Dominique Villeneuve, PDG de l’AHGM.
« Il faut tout faire pour maximiser les retombées afin qu’elles demeurent ici. On ne peut pas chercher à protéger notre économie contre les tarifs douaniers de Trump tout en laissant plus de 250 M$ sortir chaque année en commissions versées à des plateformes internationales », réagit Alupa Clarke, PDG de l’AHRQ.
Entre-temps, l’une des solutions à portée de main pour les voyageurs est de passer directement par le site de l’hôtel pour réserver sa chambre, ce qui permet de retenir davantage de revenus au Québec.
.png)
2 days ago
10
















Bengali (BD) ·
English (US) ·