Pour décrocher un contrat public, un entrepreneur doit jongler avec une demi-douzaine de registres et attendre des mois, un fouillis qui fait fuir les plus petites entreprises et coûte cher aux contribuables québécois.
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Martin Laurendeau, président de Comco Construction, vient de vivre une situation qu’il juge intenable. Il a fallu 12 mois entre le dépôt de la soumission et l’octroi d’un contrat de 10 M$.
« C’est un non-sens que ce soit aussi complexe, c’est une barrière à l’entrée », tranche l’entrepreneur général, qui préfère taire le nom du donneur d’ouvrage.
Dans une industrie où l’inflation grimpe de 5 % à 6 % par année, ce délai coûte des dizaines de milliers de dollars aux contribuables, dit-il. La convention collective se réajuste chaque avril, et tout chantier inachevé bascule au nouveau taux de salaire, par exemple.
Menée avec l’Association de la construction du Québec, sa sortie publique vise à dénoncer un système qui carbure aux délais et aux formulaires. La liste des griefs est longue, dont des appels d’offres mal ficelés, des mois d’attente avant qu’un ministère débloque un budget ou de la paperasse si lourde qu’elle fait fuir les sous-traitants.
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Des organismes à contenter
Un entrepreneur doit prouver plusieurs fois la même chose à différents organismes, plaide Laurendeau.
Pourquoi ne pas tout regrouper sur un seul portail prouvant une fois pour toutes la capacité d’une entreprise, demande-t-il.
Ses sous-traitants les plus abordables renoncent carrément, découragés avant même de soumissionner.
La course contre l’hiver
Pour M. Laurendeau, ce délai de 12 mois est un coût qu’il doit désormais inscrire dans ses prix. Le cas est extrême, admet-il, mais l’attente de trois à quatre mois avant qu’un ministère débloque un budget approuvé est devenue monnaie courante.
Les budgets sont votés le 1er avril, puis les appels d’offres sortent. Le temps que les autorisations reviennent, les chantiers commencent trop tard et se poursuivent en plein hiver, où tout prend plus de temps qu’en juillet.
Pas besoin d’être devin pour comprendre que plus on attend, plus ça coûte cher, illustre Laurendeau.
Les mêmes délais et la même paperasse qui font grimper ses prix plombent aussi les projets que l’État tente de livrer.
« Le système se met des bâtons dans les roues et la facture atterrit chez les contribuables », lance l’entrepreneur.
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5 days ago
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