La réforme de la carte électorale déposée hier à l’Assemblée nationale est habillée chic. C’est un projet où les quatre principaux partis se donnent la main, officiellement pour sauver le poids politique de la Gaspésie.
En surface, tout est noble ! On croirait voir le film rêvé. Du travail non partisan accompli sans perte de temps, dans la poursuite d’un objectif supérieur. Aider la Gaspésie, une région sympathique qui a déjà souffert sa part de reculs et de misères, qui peut s’opposer à cela ?
La nouvelle loi déposée d’urgence veut annuler partiellement la décision de la Commission de la représentation électorale. Cet organisme indépendant redécoupe les circonscriptions chaque décennie pour refléter les mouvements de population et assurer une équité entre la valeur des votes.
En vue de la prochaine élection, deux régions (Laurentides et Centre-du-Québec) gagnaient chacune un siège. Ce sont les régions Gaspésie et Est de Montréal qui en perdaient un.
La Gaspésie
La Gaspésie se plaignait déjà de son manque de poids politique. Surtout on créerait une circonscription où les distances ne permettent plus au député de fournir un service aux citoyens. Donc, oui il y avait une pertinence à regarder le cas de la Gaspésie. Mais attention, le prétexte de la Gaspésie servirait ici à faire autre chose.
La réforme applique la nouvelle carte aux régions qui gagnaient des circonscriptions, mais conserve l’ancienne carte pour les régions qui en perdaient. Miracle ! Aucun perdant. Conséquence : deux comtés supplémentaires. L’Assemblée nationale passe de 125 à 127 députés.
Ceci représente déjà une entourloupette. Le nombre de sièges ne reviendra jamais à la baisse. Y a-t-il vraiment une volonté populaire de payer pour plus de députés... pas certain.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Intérêts nébuleux
Mais il y a trois autres problèmes démocratiques à jouer dans la carte électorale de la sorte.
- Notre loi électorale a prévu que seule une commission indépendante viendrait jouer dans la carte électorale. Pour éviter des tractations partisanes ou des magouilles. Nous avons toujours rejeté l’idée du député juge et partie pour tracer les futures limites de son comté. Si vous ne savez pas de quoi je parle, allez voir les manœuvres malpropres qui manipulent les frontières des districts aux États-Unis en ce moment même.
- Non seulement les partis se permettent de tripoter dans la carte électorale, mais ils le font exceptionnellement proche de l’élection. Ils se retrouveront à l’Assemblée nationale à jouer dans la carte des circonscriptions à trois mois d’être en campagne. Les candidats ont commencé à être désignés !
- Finalement, il n’y a aucune raison de protéger une circonscription à Montréal. Sauf des intérêts particuliers des partis et des députés lorsqu’on gratte un peu.
Le DGEQ a eu le courage d’exprimer son indignation par communiqué.
Le député indépendant Youri Chassin a eu le courage de bloquer la tentative d’adoption unanime à la sauvette.
Le projet est sur la glace pour le moment. Bon temps pour réfléchir.
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1 week ago
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