«Laissez-nous fonder une famille!»: un couple infertile veut que Québec mette fin au moratoire sur l’adoption internationale

2 weeks ago 12

Un couple infertile tire la sonnette d’alarme afin que Québec mette fin au moratoire sur l’adoption internationale et lui permette de réaliser son rêve avant qu’il ne soit trop tard : « Laissez-nous fonder une famille ! »

C’est le cri du cœur lancé par Natalia Cristancho-Mercado et son mari, Michel Jalbout, découragés après des années de démarches infructueuses pour avoir un enfant.

Arrivés en sol québécois il y a 10 ans, les deux tourtereaux originaires de la Colombie ont fait de leur intégration à la société d’accueil une priorité dans les premières années. Cours de français, boulots de soir, études le jour : ils ont appris le français et se sont bâti chacun une belle carrière, en plus d’obtenir leur citoyenneté.

« Nous avons travaillé fort, économisé, acheté notre maison. Aujourd’hui, notre vie est stable. Il ne manque qu’une chose pour la rendre complète : fonder une famille », confie, émue, la femme désormais âgée de 41 ans.

Natalia Cristancho-Mercado s’est tournée vers la procréation assistée à la mi-trentaine. Mais le traitement de fécondation in vitro n’a pas fonctionné, une épreuve psychologique douloureuse qu’elle serait incapable de revivre.

« Ce fut difficile de sortir de cet échec. Le fait de ne pas être tombée enceinte, ça m’a fait mal comme femme. On se dit que Dieu ne nous a pas construits comme il faut... »

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Moratoire depuis un an et demi

Le couple s’est donc tourné vers l’adoption, pour découvrir qu’un moratoire a été décrété par le gouvernement Legault il y a près d’un an et demi, empêchant les Québécois d’adopter un enfant à l’étranger ou même dans une autre province.

À l’origine, Québec souhaitait renforcer les garanties éthiques et juridiques entourant l’adoption internationale pour éviter le trafic d’enfants. Mais cette forme d’adoption est toujours suspendue.

« Le ministère travaille activement à la révision de la structure de l’adoption internationale, mais aucune date de reprise n’a encore été annoncée », lui a indiqué le bureau de son député et ministre caquiste Christopher Skeete dans un échange de courriels.

15 à 20 ans d’attente pour un enfant né ici

Et l’adoption d’un bambin né ici n’est pas sérieusement envisageable pour un couple à l’orée de la quarantaine, en raison des très longs délais dus à la rareté des cas.

« La liste d’attente en adoption québécoise peut s’étendre sur une période de 15 à 20 ans », lui a expliqué Kim Vaillancourt du service de l’adoption québécoise du Centre de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval.

Ils se sont donc tournés vers la Banque mixte, un programme de la DPJ permettant d’accueillir un enfant d’abord à titre de famille d’accueil dans une perspective d’adoption. Même au risque de s’attacher et de devoir ensuite dire adieu au petit être qu’ils auront chéri durant des mois, puisque ces bambins peuvent devoir retourner dans leur famille biologique.

« On serait très contents de changer la vie d’un enfant qui en a besoin, que ce soit pour un an ou pour la vie. »

En démarches depuis l’été dernier, leur dossier a finalement été accepté en janvier. Mais depuis, c’est le silence radio. Mais l’horloge biologique tourne.

Au point où Natalia et son conjoint songent à quitter le Québec pour aller s’établir et réaliser leur rêve de devenir parents en Ontario, où l’adoption n’est pas sur pause.

Un témoignage poignant de Natalia Cristancho-Mercado

« Ça fait 10 ans que je travaille ici, que je vis ici. J’ai choisi le Québec, d’apprendre la langue et de m’intégrer. Quand on n’est pas capable d’avoir un enfant, ce n’est la faute de personne, mais j’aimerais avoir une famille et je n’ai pas envie de déménager de ma province parce qu’il y a une règle ne permettant pas d’adopter un enfant. » « Nous sommes de bonnes personnes, on a fait notre vie ici et il y a des enfants qui ont besoin d’une famille. Là, je me sens démolie, je ne peux adopter à l’international ni dans une autre province. » « Si j’étais Ontarienne, j’aurais la possibilité d’adopter un enfant. Comme je suis Québécoise, je suis pénalisée. »

Moratoire sur l’adoption internationale

Le 26 novembre 2024, le gouvernement a suspendu jusqu’à nouvel ordre les nouvelles adoptions internationales auprès d’organismes, le temps d’instaurer un système prévenant le trafic d’enfants. Le ministère de la Santé avait alors plaidé le principe de précaution en respect des engagements internationaux du gouvernement du Québec. Une révision en profondeur du processus était nécessaire, selon le gouvernement.

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

*** Disclaimer: This Article is auto-aggregated by a Rss Api Program and has not been created or edited by Bdtype.

(Note: This is an unedited and auto-generated story from Syndicated News Rss Api. News.bdtype.com Staff may not have modified or edited the content body.

Please visit the Source Website that deserves the credit and responsibility for creating this content.)

Watch Live | Source Article