La passe de judo de PSPP

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Paul St-Pierre Plamondon se lance en campagne électorale aux portes du pouvoir. 

Et pourtant, tout semble fragile. La majorité, essentielle pour avoir la légitimité d’organiser un référendum, est loin d’être acquise.

Lui qui a rebâti le PQ à bout de bras, il affronte un vent de face imprévu : une élection en pleine guerre commerciale contre Donald Trump.

La leçon de 2025 

On a souvent reproché au chef péquiste d’être dogmatique.

Le parallèle avec Pierre Poilievre s’impose, lui qui avait refusé en 2025 d’ajuster son discours face à la menace américaine. On connaît les résultats.

Le thème du changement sur lequel il misait pour gagner est soudainement concurrencé par l’incertitude économique.

Jusqu’où le PQ saura s’adapter déterminera l’issue de cette élection.

Deux hommes en un 

Minutieux comme il l’est, le chef du PQ a vu venir le dilemme. Ce n’est pas pour rien qu’il a pris le virage du « bon gouvernement » depuis plusieurs semaines. Ses campagnes publicitaires en font foi.

Mais la frustration de voir son momentum volé par la panique Trump a aussi pointé le bout du nez. Samedi, réagissant à l’échec des négociations commerciales, il reprochait à Christine Fréchette de l’avoir convié à une rencontre à la dernière minute.

Lequel des deux PSPP prendra le dessus ? C’est LA question stratégique de la campagne.

Premiers signes 

Dès mardi, il avait ajusté le tir.

En présentant son équipe économique, il a mis en jeu un as essentiel : une équipe capable d’affronter la tempête. Christine Fréchette n’offre aucun sang neuf digne de ce nom sur ce front.

Pour les entrepreneurs et travailleurs anxieux, il a mis le dogmatisme de côté. « Peu importe le parti au pouvoir, nos entreprises seront soutenues. Il y a un consensus non partisan là-dessus », a-t-il fait valoir.

Surtout, il a confronté Christine Fréchette à son plaidoyer ignoré sur la riposte tarifaire et au cafouillage sur la langue et la culture face aux Américains. Deux échecs qui, auprès de son électorat potentiel, pointent vers le même problème — un Québec qui ne pèse plus assez lourd.

Les sceptiques répondront qu’il veut faire oublier l’incertitude liée à la menace référendaire sur les deux premières années d’un mandat péquiste. C’est rater l’essentiel.

La base du PQ est solide. Mais il lui manque ce 6 % de souverainistes de cœur qui ont vu en Mark Carney un rempart contre Donald Trump. Chez eux, l’inquiétude économique a temporairement écrasé l’angoisse identitaire. Or, pour ces électeurs, les deux cohabitent.

Le cœur de la campagne est là : leur montrer qu’il ne s’agit pas de choisir entre l’économie et l’identité. Rassurer l’électorat féminin, les familles du 450, les ex-indépendantistes de plus de 55 ans.

C’est ça, la vraie passe de judo, prendre l’enjeu de l’économie à bras-le-corps pour ébranler les colonnes du temple Carney sans jamais le prendre de front.

La ligne est fine, la corde est raide. C’est le défi du chef du PQ au cours des 39 prochains jours.

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