La LNH a aussi un problème de cerveau et Gary Bettman ne peut plus le nier

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L’étude alarmante publiée par le British Medical Journal ne donne plus le choix à Gary Bettman. Il doit cesser de nier les liens entre l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) et le fait d’avoir joué dans la LNH.

L’étude expose qu’au moins le quart des joueurs de la NFL souffriront d’ETC, cette cochonnerie dégénérative qui rend dément, agressif, dépressif et entraîne plusieurs troubles neurologiques.

Plusieurs anciens joueurs de hockey ont perdu la vie ou se la sont enlevée eux-mêmes, et étaient atteints de cette maladie du cerveau. Mais le commissaire de la LNH a toujours nié que ça puisse avoir un lien avec la pratique du hockey au cours de leur vie.

Évidemment, le reconnaître occasionnerait des poursuites monstres contre la LNH.

Même si l’étude concerne le football, peut-on croire que l’ETC est aussi présente chez les joueurs de hockey ?

Chaque jeu ne génère pas de contact, contrairement au football. Mais on parle tout de même de cinq fois plus de matchs au hockey.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Un peu de physique mécanique

Docteur en psychologie sportive, Dany Bernard est une figure importante dans le développement du hockey à Québec, lui qui a souvent levé des drapeaux concernant la sécurité des athlètes.

« On aurait besoin d’une étude similaire avec le hockey, lance-t-il. Au football, on part arrêté. Les courses ne sont pas souvent très longues. Je crois que c’est pire au hockey. Ce n’est qu’une question de physique mécanique. Ce sont de grandes vitesses, les gars sont lourds. Donc, tu additionnes les deux masses, la distance et ça te donne la force gravitationnelle en newtons, c’est aussi simple », poursuit-il pour justifier qu’à son sens, le cerveau peut être lourdement affecté au hockey.

Photo d'archives, MARTIN CHEVALIER

Le Dr Bernard est dégoûté par le fait que Gary Bettman continue de nier le problème.

« À mes yeux, il n’a aucune crédibilité. En bon québécois, c’est juste imbécile. Lui, c’est un populiste pur qui a comme vision de placer ses équipes dans les meilleurs créneaux de télévision. La santé des athlètes, par rapport à ses déclarations et ses choix, il s’en fout. »

La tête dans le sable

Le patron mondial du hockey (Fédération internationale de hockey sur glace), le Québécois Luc Tardif, est fier que son organisation mette les bouchées doubles et ait été une des premières sur la planète à reconnaître les dangers liés aux commotions cérébrales (voir autre texte).

Il regrette aussi que la LNH n’embarque pas.

« C’est se mettre la tête dans le sable », m’a-t-il lancé en entrevue, mercredi matin.

Photo d'archives, Martin Chevalier

Il m’a raconté une anecdote plutôt cocasse sur le sujet. Aux Jeux olympiques, il se promenait avec les gens de la LNH et de l’association des joueurs. Et il voyait toute la sécurité et les mesures pour les joueurs lors de leurs déplacements. Pour illustrer la contradiction, M. Tardif a soulevé : « Pourquoi vous les laissez faire l’échauffement sans casque ? » relate-t-il.

« Ça a coupé la conversation », a-t-il ri.

Des mesures simples

Pour revenir à l’étude, Dany Bernard croit qu’elle indique la relative place de l’être humain dans la NFL.

« Imagine les impacts sur leur famille, sur la société, sur le système de santé, c’est énorme », lance-t-il.

« Mais encore une fois, ça reste une question de coûts-bénéfices. Il y a le gros salaire et la popularité. Il faut se demander, comme société, où veut-on aller [...] Car les initiatives, elles sont là, elles existent. Mais on aime ce qu’on voit et ça fait plaisir à une portion de la population », regrette-t-il, faisant référence notamment aux bagarres.

Photo d'archives

« On a le plus beau sport au monde », mais la mise en marché passe trop souvent par la violence, à son sens. « Les règles ne sont pas là pour appuyer les meilleurs joueurs. »

Il suggère notamment de permettre seulement les mises en échec lorsque deux joueurs patinent dans la même direction, d’abolir les bagarres et d’être plus sévère pour les coups de coude élevés.

Il juge aussi ironique que, dans les ligues de bière pour adultes, la première règle adoptée soit d’enlever les mises en échec pour une question de sécurité.

« Mais quand on a des enfants en plein développement, là non. On les garde, on leur dit qu’ils doivent jouer comme des vrais », poursuit-il, soulignant l’infime pourcentage de joueurs qui gagneront leur vie au hockey.

Chose certaine, cette étude doit soulever de nombreuses questions, à ses yeux.

« On dit aux gens de faire du sport pour être en santé, mais on met en péril la santé des gens en leur faisant pratiquer certains sports. »

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