La leçon de «Vitrerie Joyal»

1 week ago 11

Avez-vous regardé Vitrerie Joyal, la nouvelle série de Martin Matte ?

J’avoue que les trois premiers épisodes ne m’ont pas convaincu.

Manque de rythme, répétitions, gags convenus. « Pourquoi encense-t-on autant cette série ? » me suis-je demandé.

Mais les trois derniers m’ont happé.

À cause de la façon extrêmement humaine dont Martin Matte traite de la tragédie de son frère. (Une scène particulièrement émouvante, qui se déroule au bord d’un lac, vous tirera des larmes.)

Mais surtout pour son portrait de la vie quotidienne d’un petit entrepreneur, qui se tue pour garder sa business en vie dans un monde où seuls les gros joueurs sont capables de tirer leur épingle du jeu.

La dernière fois que j’ai vu un portrait aussi juste d’un entrepreneur qui tente désespérément de sauver sa peau, c’était en 1973, dans le film Save the Tiger, de John G. Avildsen (le réalisateur de Rocky), un long métrage formidable – et complètement oublié – mettant en vedette Jack Lemmon.

Un cours d’économie

Des séries sur les hôpitaux, les postes de police et les cabinets d’avocat, il y en a des tonnes, et avec raison.

Ces séries permettent de poser toutes sortes de questions d’éthique hyperintéressantes.

À partir de quel point un traitement devient-il de l’acharnement ? Un policier a-t-il le droit d’enfreindre la loi pour coffrer un bandit ? Jusqu’où un avocat peut-il aller pour sauver un client qu’il sait coupable ? Etc.

Mais des séries sur le monde des affaires, surtout sur les petites entreprises, il y en a très peu.

Quand il y en a, c’est toujours dans un resto. Avec des cuistots hystériques qui s’agitent autour d’un poêle (comme dans The Bear).

Martin Matte, lui, a choisi de nous raconter la vie de son père qui dirigeait une vitrerie.

Une petite business familiale comme il y en a des milliers au Québec.

Qui tirent le diable par la queue pendant que les multinationales, elles, engrangent des milliards.

Dans une scène d’anthologie, André Joyal (le père de Martin Matte, qu’il incarne lui-même) apprend que beaucoup de ses clients ont délaissé son entreprise pour aller acheter leurs portes-fenêtres dans une quincaillerie à grande surface (comme Réno-Dépôt, Home Hardware, BMR, etc.).

Il décide donc d’en visiter une pour savoir de quoi il en retourne.

Il voit un employé âgé de 16-17 ans, et lui demande où est « le gars qui s’occupe des portes et des fenêtres ».

« C’est moi », lui répond l’ado.

Le bonhomme Joyal lui pose un tas de questions sur les matériaux, lesquels sont les plus résistants, pourquoi le verre énergétique garde l’intérieur des maisons chaud l’hiver et frais l’été, qui installe les portes, les installateurs ont-ils leur carte de compétence, le travail est-il garanti, etc.

Le jeune connaît sweet fuck all.

En une scène, Martin Matte et son complice François Avard montrent tout ce qui est en train de tuer notre économie.

On délaisse la compétence pour le bas prix.

Le service personnalisé pour l’efficacité à l’américaine et le cash and carry.

Dans cet environnement, les petites entreprises n’ont aucune chance.

Aucune.

Tu vends à une grosse bannière ou tu fais faillite.

La rue principale

C’est ça qui nous attend, au Québec.

Ici, mais aussi partout ailleurs.

La mort de la rue principale, comme le chantaient les Colocs. De la coop, du gaz bar, de la caisse pop, du croque-mort.

La victoire du centre d’achat.

Des méga-entrepôts avec des vendeurs de 16 ans qui ne connaissent rien et que tu as toujours l’impression de déranger quand tu leur poses des questions.

C’est ça qu’on veut ?

Transformer le Québec en Costco ?

Dans Vitrerie Joyal, Martin Matte nous raconte une tragédie personnelle.

Mais aussi une tragédie sociale.

Tout aussi triste.

La langue fourchue de Charles Milliard

Non seulement Charles Milliard a dit une chose et son contraire sur la loi 96, affirmant qu’il ne la déchirera pas, puis revenant sur ses propos pour ne pas faire de peine aux Anglos, mais il a affirmé (in english of course) que le Québec avait deux langues officielles !

Puis, devant le tollé provoqué par sa sortie, le chef du PLQ a dit : « Je suis partie d’une tempête politique parce que nos adversaires voient qu’on est en recrudescence... »

« Je suis partie »? « En recrudescence »?

Kessé ça ? Y aurait-il trois langues officielles au Québec : le français, l’anglais et le gloubi-boulga ?

Santé Québec règle les vrais problèmes !

Enfin une bonne nouvelle pour le système de santé !

Santé Québec a dévoilé... son nouveau logo !!! Et on ne dira plus CIUSSS ou CISSS, mais « Santé Québec Abitibi-Témiscamingue » ou « Santé Québec Capitale-Nationale »!

Tout ça va rendre « l’expérience des patients plus fluide », nous dit-on.

Hâte de montrer le nouveau logo à ma grande tante qui attend sur une civière à l’urgence depuis 15 heures !!!

« Matante, regardez ! C’est le nouveau logo ! Pour le dessiner, Santé Québec a donné 25 000 $ à un directeur de création ! Êtes-vous contente ? Trouvez-vous que votre expérience est plus fluide ? »

Heureux de voir qu’on règle les vrais problèmes, au Québec !

Les fesses nue tête

Un juge ontarien a interdit à une mère de traîner sa fille de 11 ans dans des campings nudistes en compagnie de ses grands-parents, car la jeune fille trouvait ces séjours inconfortables et malaisants.

Vous aimez jouer au ping-pong les schnolles à l’air ? Ou disputer une partie de cartes avec mémé et pépé nus comme des vers, les seins sur la bedaine et la bedaine sur les genoux ?

Parfait ! Allez-y, mais laissez vos enfants tranquilles. Ils n’ont pas à participer à vos trips.

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