La machine à spins est lancée : Christine Fréchette serait madame Sans-Faute. Si vous voulez être dans la bonne gang en ce moment, il faut répéter cela, avec une tête de ravi de la crèche, style candide.
Depuis qu’elle s’est lancée dans la course à la chefferie de la CAQ, et plus encore, depuis son élection à la tête de ce parti, on voit très clairement comment ses stratèges rêvent de nous l’imposer sur le mode Mark Carney. C’est presque une prise de judo : on appelle ça « faire une Mark Carney à l’opposition ».
Il s’agit de répéter sans arrêt que la nouvelle première ministre impressionne, qu’elle surprend, qu’elle est si nouvelle qu’elle n’a plus rien à voir avec une dénommée Christine Fréchette, ministre de la CAQ depuis 2022, solidaire jusqu’à la dernière seconde de l’héritage des huit années au pouvoir du gouvernement de François Legault – et responsable, par ailleurs, en bonne partie, de la dérive migratoire de son gouvernement.
Grandiloquence
Mais non ! Nouvelle Christine est là, pimpante, heureuse d’être contente, avec ses discours qui se voudraient grandiloquents, mais qui fleurent bon le concours d’art oratoire d’une école secondaire remplie d’élèves moyens. Et nous sommes censés faire semblant de la croire.
De même, elle qui a gagné sa chefferie grâce à l’aile fédéraliste de son parti a décidé, pour quelques jours, de jouer à la nationaliste. Elle qui avait quitté le PQ par opposition à la Charte des valeurs et qui n’a jamais renié sa croyance en l’immigration massive veut désormais porter le chapeau bleu du nationalisme décomplexé.
Sa méthode : enfoncer la clause nonobstant dans la gorge des libéraux pour défendre la loi 21 et la loi 96 – en gros, la laïcité et la langue française. Évidemment, les libéraux partent en courant.
Mais que la CAQ soit plus nationaliste que les libéraux ne veut rien dire.
Sinon qu’un homme à moignon est mieux doté qu’un manchot, qu’un homme avec un filet de voix se fait davantage entendre qu’un aphone, ou qu’un homme avec ce qu’on appelle pudiquement une demi-molle vaut mieux qu’un impuissant.
Le PLQ, avec le temps, a changé : il n’est plus seulement indifférent à la majorité historique francophone, il y est hostile.
Mais il parvient à dissimuler cela en partie grâce à l’appui d’une partie importante de notre bourgeoisie qui a depuis longtemps passé un pacte honteux avec le Canada : ses privilèges dépendront de sa capacité à faire accepter aux Québécois leur subordination dans le Canada.
PLQ
Alors, ces élites complices misent sur la peur : l’indépendance coûterait cher, trop cher, elle nous ruinerait même, apparemment.
On a même entendu un nouvel argument ces jours-ci : le Québec indépendant ne pourrait pas se défendre contre un envahisseur futur et aurait besoin d’imposer le service militaire à sa jeunesse. Si vous dites cette connerie avec conviction, on vous invitera même à Radio-Canada à heure de grande écoute.
Alors, devant cela, Christine Fréchette peut jouer au nationalisme champêtre. À terme, personne ne sera dupe.
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1 week ago
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