L’Islande envoie promener l’Union européenne

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Le 17 septembre prochain, Mark Carney prononcera un discours à Strasbourg devant le Parlement européen. La veille, il assistera à celui de la présidente Ursula von der Leyen, une sorte de parodie du discours sur l’état de l’Union que prononce chaque année le président américain devant le Congrès.

Nul doute que les parlementaires applaudiront les velléités d’indépendance du premier ministre canadien. Les élites européennes se sont en effet entichées de Mark Carney depuis son discours de Davos en janvier dernier, même si, de tous les pays du G7, le Canada demeure de loin le plus soumis aux États-Unis tant sur les plans économique et politique que du point de vue militaire. Mais peu importe si cela permet à Bruxelles d’oublier l’entente commerciale entrée en vigueur le 1er juillet dernier, qu’elle a elle-même signée avec l’Oncle Sam.

Une gifle à Bruxelles

Si Mark Carney pensait trouver en Europe une inspiration pour son propre accord, il devra repasser. Bruxelles a en effet supprimé ses droits de douane sur les produits industriels américains, alors que Washington maintenait les siens à 15 % sur la plupart des exportations européennes. Elle s’est aussi engagée à revoir ses règles sur le numérique et l’alimentation et à acheter des quantités importantes d’hydrocarbures et d’équipement militaire américains.

Au lieu de flatter Mark Carney dans le sens du poil, les dirigeants de l’UE feraient peut-être mieux de balayer devant leur porte. L’un des plus petits pays européens, l’Islande, vient de leur infliger une gifle comme ils n’en avaient pas reçu depuis le Brexit en 2016. Dimanche dernier, les 400 000 Islandais ont dit non à 53 % à l’ouverture de négociations d’adhésion à l’UE.

Fiers de leur souveraineté

Certes, l’élection s’est largement jouée sur les pêcheries. Les Islandais craignaient avec raison que Bruxelles ne mette la main sur leurs eaux territoriales, la pêche représentant 40 % de leurs exportations. Ils ont aussi voulu préserver leurs droits de douane agricoles et le contrôle de leur monnaie grâce à laquelle ils s’étaient relevés de la crise de 2008 plus rapidement que tous les pays de la zone euro.

On comprend les Islandais, qui ont déjà un accord commercial avantageux avec l’UE, de ne pas céder aux charmes d’un empire bureaucratique et tentaculaire, qui n’a pas été en mesure d’empêcher 70 000 migrants de franchir ses frontières dans l’enclave espagnole de Ceuta. Une organisation qui s’est permis d’annuler unilatéralement des élections en Roumanie et qui se mêle de réglementer jusqu’à la grosseur des pommes.

Même la peur de Donald Trump et ses velléités d’annexion du Groenland n’ont pas suffi à convaincre Reykjavik. L’UE peine aujourd’hui à attirer les pays prospères et démocratiques. Seuls les plus pauvres comme le Monténégro et la Moldavie souhaitent rejoindre une organisation qui traîne largement de la patte derrière les États-Unis et la Chine. Une organisation néolibérale de plus en plus en bute aux aspirations nationales des peuples qui la constituent.

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