L’IA bouffe notre culture québécoise, et il faut agir

1 week ago 12

Il est impensable de laisser reposer le fardeau de la lutte contre l’intelligence artificielle sur les artistes, qui se sentent plus démunis que jamais face à une réalité implacable, où notre culture se fait littéralement dévorer.

Les expériences menées par mes collègues, dans un reportage sur l’intelligence artificielle qui s’approprie les œuvres d’artistes québécois sans leur consentement, démontrent l’urgence d’agir.

Les pratiques documentées violent clairement le droit d’auteur. Mais l’énergie que demande une bataille juridique contre les géants de la Silicon Valley pour faire valoir ces droits en décourage plus d’un.

Déjà, il est suffisamment difficile de vivre de son art au Québec. Il faut des cadres éthiques et réglementaires stricts qui agiront comme paravents, afin de mieux protéger la création et les œuvres.

Actions revendiquées

Il y a un an, les membres de six organisations syndicales québécoises qui représentent plus de 25 000 artistes, créateurs, interprètes, artisans et techniciens de l’audiovisuel et de la musique ont rendu public un manifeste pour la défense de la création authentique.

Ils y faisaient part de leurs revendications à l’égard de la classe politique par rapport à l’IA et la protection de la culture.

« Voir notre culture se laisser dévorer « donnée par donnée », « emploi par emploi », « œuvre par œuvre » par des compagnies technologiques aux fins lucratives et souvent peu respectueuses des cultures nationales, locales et distinctes n’est pas acceptable », peut-on lire dans ce manifeste.

Ce regroupement d’acteurs culturels réclame diverses actions et plus de transparence. Tout contenu généré par l’IA devrait ainsi être clairement identifié, ce qui serait en effet nécessaire.

Ils somment aussi les décideurs d’exercer un leadership fort dans les instances internationales où l’encadrement fait l’objet d’analyses à l’heure actuelle.

Aller plus loin

Sur ce dernier plan, Québec a joué un rôle prépondérant afin que soit modifiée, pour la rendre plus efficace à l’ère du numérique, la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Décrivant le tout comme un bouclier, le ministre Mathieu Lacombe a affirmé que nos lois visant à protéger notre culture, comme celle sur la découvrabilité par exemple, s’en verront mieux protégées.

Dans le manifeste, on réclame « un cadre réglementaire strict, impossible à contourner et encadrant le développement et l’utilisation de l’IA ».

On demande aussi que la Loi sur le droit d’auteur s’assure que « seul un humain puisse générer une œuvre ou une prestation protégée par le droit d’auteur ». Cela devrait aller de soi, il me semble.

Comme l’auteur québécois Jean-Paul Eid, qui témoigne dans notre reportage, je pense qu’il est temps qu’on mette nos culottes. Il faut non seulement appliquer les lois existantes, mais les modifier pour faire en sorte qu’elles s’appliquent à la nouvelle réalité de l’IA.

Car il n’y a pas plus humain que l’art. Il serait autodestructeur, pour l’humanité, de laisser des robots le vider de sa substance.

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