L'honneur perdu de Thélyson Orélien

1 week ago 8

Boréal coupe définitivement les ponts avec Thélyson Orélien.

L’éditeur dit maintenant être certain que l’IA « a été utilisée dans le processus d’écriture » du roman qu’il a signé, alors qu’il avait prétendu le contraire.

En clair, Thélyson Orélien a menti.

Le roman ne sera pas réimprimé et la maison ne publiera pas d’autres ouvrages portant son nom.

Cela m’a rappelé une anecdote que j’avais oubliée.

L’an dernier, un de mes copains lançait un livre chez Boréal, qui a déjà publié trois de mes ouvrages.

Je vais au lancement.

Je jase avec un des dirigeants de Boréal.

Ils sont submergés, me dit-il, par les manuscrits.

Leur quantité et l’odeur que certains dégageaient, ajoute-t-il, lui faisaient soupçonner une utilisation massive de l’IA.

Un an plus tard, la bombe Thélyson Orélien explose. Grinçante ironie.

Questions

Ces jours-ci, les dirigeants de Boréal déambulent, hagards, au milieu des ruines fumantes.

Qu’ils lâchent Orélien vient confirmer ce que toute personne qui refuse le déni avait déjà compris.

Orélien dit d’abord qu’il va rassembler les preuves matérielles de son innocence, puis qu’il y renonce.

Je ne sais pas pour vous, mais si j’étais faussement accusé d’un crime, je me débattrais comme un diable pour m’innocenter.

Restait-il quelque part un idiot pour le croire ?

L’éditeur, lui, nous dit d’abord que la première version du manuscrit fut achevée en 2019 (donc avant l’IA génératrice de longs textes), puis que ce manuscrit fit l’objet de « nombreux allers-retours » et de « versions successives ».

Forcément, il y aurait des traces.

Mais rien ne vient.

Puis, l’éditeur annonce qu’il renonce à accompagner Orélien dans sa démarche d’exonération puisque lui-même y renonce.

Le gâchis est complet, total, absolu.

Mon opinion était faite depuis longtemps sur Orélien : un faussaire, selon le mot de Jean-François Lisée.

Elle n’est pas faite sur l’éditeur.

Naïf ? Négligent ? Berné comme d’autres auraient pu l’être ? Cupide parce qu’il flairait la bonne affaire ? Tout reste possible.

Et les gens qui achètent ce livre maintenant (pas il y a trois mois), réalisent-ils qu’ils enrichissent Orélien et toute la chaîne de production ?

Comprenons-nous.

Imaginons que vous entrez dans une librairie : vous voyez des livres avec un autocollant qui dit « produit humain » et d’autres avec un autocollant qui dit « produit IA ».

Si c’est affiché clairement, le client choisit librement et en toute connaissance de cause. Pas de problème.

Pas de problème personnel non plus à utiliser l’IA pour la recherche documentaire.

Ce n’est pas de cela qu’il est question avec C’était ça ou mourir.

Nausée

La frange du milieu littéraire qui s’est portée à la défense d’Orélien en invoquant qu’il était « racisé » (qui invente ces expressions ?) s’est déshonorée.

Si le signataire avait été un Sylvain Ouellet de Brossard, il n’aurait pas eu droit à un millième de cette indulgence.

Il y a du tragique dans ce gâchis.

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