«L’histoire se répète malheureusement»: de nombreux drames sont évitables lors d’accouchements au Québec

1 week ago 7

Il y a encore trop d’accouchements qui se terminent de façon tragique chaque année au Québec, alors que plusieurs de ces drames sont évitables.

« De mon point de vue, il y a un paquet de choses qui doivent être revues. C’est clair, souligne Me Patrick Martin-Ménard, spécialisé dans les questions de santé. On voit des choses vraiment aberrantes qui n’auraient pas dû se passer et qui n’ont fait l’objet d’aucune investigation. »

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Chantal Poirier / JdeM

Encore trop de morts

En 2024, 251 bébés québécois sont décédés à la naissance, montrent les données de Statistique Canada. La tendance est stable dans les dernières années, alors qu’en Ontario, on a noté une petite baisse.

Morts fœtales au Québec

Après 28 semaines de grossesse

AnnéeDécès
2024251
2023224
2022229
2021256
2020223
2019181
2018229
2017237
2016213
2015233
2014229

Source : Statistique Canada

Pourtant, les outils technologiques, la formation des médecins et la mise en place des protocoles se sont grandement améliorés dans les dernières années.

« On est censés apprendre de ces cas-là pour éviter que ça se reproduise, mais on constate que l’histoire se répète malheureusement », observe aussi Me Jean-François Leroux, spécialisé dans ces dossiers délicats.

PHOTO FOURNIE PAR Medlegal

Me Jean-François Leroux, avocat chez Medlegal.  

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PHOTO FOURNIE PAR Medlegal Me Jean-François Leroux, avocat chez Medlegal. PHOTO FOURNIE PAR Medlegal PHOTO FOURNIE PAR Famille Corbeil

Selon ces avocats, les cas tragiques se produisent souvent à cause d’une erreur de communication. Dans les pires cas, le poupon meurt à l’accouchement. Or, il y a aussi plusieurs histoires où l’enfant survit avec des séquelles physiques majeures. 

« Les erreurs médicales sont systémiques, donc c’est l’organisation du système qui génère les erreurs. C’est rarement une incompétence crasse humaine », note Me Leroux.

Une question d’organisation

D’ailleurs, il n’y a pas une région du Québec plus à risque ou un moment dans la journée plus critique pour accoucher.

« Quand on retarde un accouchement urgent de 20 minutes parce que l’anesthésiste n’a pas été appelé, ce n’est même pas une question d’argent ou de manque de staff, c’est une question d’organisation », ajoute Me Martin-Ménard.

Après un accouchement traumatique, l’équipe médicale se penche habituellement sur le cas pour évaluer ce qui s’est mal passé et apporter les correctifs nécessaires. 

Ces décès font rarement l’objet de signalements au Bureau du coroner. Depuis 10 ans, seulement une vingtaine de décès de poupons ont mené à une enquête, selon les dossiers fournis au Journal par le Bureau du coroner. 

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