L’aide médicale à mourir: une réponse sociale à la souffrance?

1 week ago 17

Amir Farsoud, 54 ans, ne voulait pas mourir. Il voulait un logement. Cet Ontarien vivant avec des problèmes de santé et des prestations d’invalidité insuffisantes avait demandé l’aide médicale à mourir (AMM) parce qu’il ne voyait plus comment survivre sans devenir itinérant.

Un médecin avait même signé son dossier. Ce sont les médias et une campagne de sociofinancement qui l’ont sauvé.

Combien d’autres n’auront jamais cette visibilité ?

En novembre 2025, Santé Canada publiait son sixième rapport annuel sur l’AMM. On y apprend que 16 499 Canadiens en ont bénéficié en 2024, soit 5 % de tous les décès au pays.

Sur les 16 499 cas, 95 % concernaient des personnes dont la mort était raisonnablement prévisible (voie 1).

Le Québec occupe la première place au Canada (36,4 %) et au monde, devançant la Belgique et les Pays-Bas, du taux le plus élevé d’AMM.

Le plus préoccupant, sur les 732 cas canadiens dont la mort n’était pas raisonnablement prévisible (voie 2), le Québec en compte 452. Encore, un premier rang !

Santé Canada insiste sur le ralentissement de la croissance et sur les « mesures de sauvegarde rigoureuses ».

Toutefois, derrière les tableaux et le langage administratif de ce rapport, certaines données devraient nous inquiéter.

Un angle mort ?

Le rapport révèle que 61,5 % des personnes ayant reçu l’AMM, dans le cadre de la voie 2, se sont identifiées comme étant en situation de handicap.

Ces personnes n’étaient pas nécessairement en fin de vie.

Plusieurs vivaient depuis des années avec une maladie chronique, un handicap lourd, des douleurs chroniques ou des troubles neurologiques.

Un bon nombre d’entre eux souffraient plus d’isolement, de dépendance, d’anxiété, de souffrance existentielle, de perte de capacité, d’épuisement psychologique, etc., que d’être proche d’une mort imminente.

Le voyez-vous, le malaise ?

En mars 2025, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme, affirmant que l’expansion de l’AMM aux personnes handicapées, qui ne sont pas en fin de vie, viole les obligations du Canada en vertu de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées.

L’ONU a d’ailleurs demandé au Canada d’investir plutôt dans le logement, les soins et la sécurité du revenu.

Le cas québécois est préoccupant parce qu’il combine le taux global le plus élevé au monde d’AMM, une surreprésentation dans la voie 2, une instabilité résidentielle élevée chez les bénéficiaires, ainsi qu’une absence d’explication officielle satisfaisante.

Mourir ou vivre dignement ?

L’AMM a été pensée pour soulager des souffrances intolérables en fin de vie.

Cependant, la pauvreté, la solitude, l’absence de logement ou le manque de services ne sont pas des maladies incurables.

Ce sont des échecs collectifs !

Combien de personnes demandent l’AMM parce qu’elles veulent réellement mourir... et combien la demandent parce qu’elles ne voient plus comment vivre dignement ?

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