Un homme qui a poignardé à mort sa conjointe lors d’une violente dispute en 2024 à Saint-Basile-le-Grand a écopé d’une peine de neuf ans mardi, tandis que les deux enfants de la victime pleurent encore la perte de leur mère.
« L’acte qui a été commis m’a enlevé ma mère. Depuis ce jour, ma vie a été complètement chamboulée. L’événement a laissé un vide immense, mais aussi un traumatisme persistant », a décrit la fille de Hayette Bouguellid, dans une lettre lue au palais de justice de Longueuil.
Son beau-père, Mohamed Ali Mosbah, a plaidé coupable à une accusation d’homicide involontaire, dans un contexte de lutte pour le contrôle d’un couteau, le 18 février 2024.
Dossier particulier
L’enquête policière a révélé des circonstances complexes et particulières, à l’inverse de ce qu’on voit habituellement dans les dossiers de féminicides.
C’est que la femme de 51 ans semblait exercer un certain contrôle sur son conjoint, allant même jusqu’à l’empêcher de voir ses enfants, issus d’une union précédente, a-t-on appris dans la trame factuelle lue en cour le 21 avril dernier.
Une situation qui provoquait « la colère et l’hostilité » de la victime à l’égard de l’accusé, âgé de 56 ans, précise-t-on dans le document.
Il a été révélé que lors de leurs fréquentes disputes, la victime criait et insultait M. Mosbah.
Mais lors de la journée du drame, le conflit s’est envenimé, au point où la femme a giflé son conjoint et a tenté de l’attaquer avec une petite table en verre. Ensuite, elle a réussi à empoigner un couteau.
Une lutte a suivi pour le contrôle de l’arme et la femme a été atteinte au cou à trois reprises par la lame.
« L’enquête policière s’est poursuivie après le dépôt des accusations, des expertises ont été faites. [...] Et la réalité est que les faits supportent davantage des accusations d’homicide involontaire », a expliqué Me Lucas Bastien, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Des vies chamboulées
Depuis la journée du drame, la fille aînée de la victime a dû prendre les responsabilités de sa mère et s’occuper de son petit frère.
« Je suis passée du rôle de fille et d’étudiante à celui de mère et de pilier pour mon frère, a décrit la jeune femme, qu’on ne peut pas identifier en raison d’un interdit de publication. C’est vraiment lourd à porter, la pression est constante. Mes études étaient ma priorité, mais je n’ai plus la force mentale pour me concentrer. »
Mohamed Ali Mosbah a aussi exprimé ses regrets au tribunal, en « assumant l’entière responsabilité » de ses actes.
« En une nuit, en une seule minute, ma vie a complètement basculé. Mais pire encore, celle de Hayette s’est arrêtée, a-t-il soutenu. Une seule chose n’a pas changé : l’amour que je porte pour mes enfants et ceux de Hayette. »
Il s’est alors directement adressé aux enfants de la victime : « Je vous aime comme mes propres enfants et je serai toujours là. »
Le juge Pierre Labrie a accepté la suggestion commune de neuf ans de pénitencier présentée par les parties. En retranchant la détention préventive, il reste un peu plus de cinq ans et huit mois à purger derrière les barreaux pour l’accusé.
– Avec Valérie Gonthier
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