Les plus grandes œuvres de Jean Paul Riopelle brilleront désormais dans un étincelant joyau architectural de vitre et de bois érigé sur les plaines d’Abraham : l’Espace Riopelle, inauguré mercredi par le Musée national des beaux-arts du Québec.
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« C’est un moment historique pour la ville de Québec. (...) Jean Paul Riopelle serait sans doute très ému », a déclaré le directeur général sortant du MNBAQ, Jean-Luc Murray, avant la traditionnelle coupure du ruban.
Construit pour 84 millions de dollars en partenariat public-privé, grâce notamment à la contribution exceptionnelle des hommes d’affaires Michael Audain, Pierre Lassonde et André Desmarais, le nouveau pavillon du MNBAQ ouvrira ses portes au public jeudi.
Un musée en connexion avec la nature et le fleuve pendant que le monde s’entre-déchire ? Le porte-parole des célébrations de l’ouverture de l’Espace Riopelle, l’artiste-peintre et grand admirateur de Riopelle Marc Séguin, savourait le moment.
« C’est un immense doigt d’honneur à l’ambiance morose dans laquelle on vit. Pendant qu’on se plaint, que nous avons une relation maniacodépressive avec notre société, on ouvre un musée. Câline. Il y a quelque chose de baveux là-dedans. »
Dans son discours, le maire Bruno Marchand a aussi souligné cette réponse artistique à la morosité ambiante. « Pendant que certains cherchent à nous diviser, à nous nourrir de haine, à nous éloigner, à Québec on ouvre un musée. Pendant que certains politiciens internationaux cherchent le conflit et la guerre, on ouvre un musée. »
Exposition rétrospective
Vaste et baigné de lumière, l’Espace Riopelle présente dès son ouverture Riopelle. L’expression du geste, une exposition de référence qui retrace l’évolution de la carrière du célèbre peintre, sculpteur et graveur à travers 130 de ses œuvres.
« On veut montrer l’ensemble de sa carrière. Riopelle se renouvelle souvent. Il n’y a pas qu’un seul Riopelle. Les gens connaissent bien le Riopelle des mosaïques dans les années 1950, mais par la suite, il va poursuivre sa carrière pendant une trentaine d’années. On voulait montrer des œuvres de toutes les époques, de tous les styles et de tous les médiums », explique le commissaire André Gilbert.
Comme le MNBAQ possède 504 œuvres de Riopelle dans sa collection, l’exposition ne sera pas figée. « Au fil des ans, on va renouveler la présentation pour que l’exposition reste vivante », dit M. Gilbert.
Rosa immersive
Le point culminant de la visite de l’Espace Riopelle se trouve au troisième étage. C’est là que se déploie, dans un spectaculaire faux cadre courbe de presque 360 degrés, L’Hommage à Rosa Luxemburg, chef-d’œuvre réalisé par le peintre en 1992, après le décès de l’amour de sa vie, Joan Mitchell.
« C’est la première fois qu’elle est présentée pour ce qu’elle est : une œuvre qui nous dépasse, immersive », s’emballe le conservateur attitré à la Rosa, Bernard Lamarche.
Contrairement à son ancien emplacement dans le tunnel reliant le pavillon Lassonde au bâtiment d’accueil, l’œuvre en trois panneaux totalisant 40 mètres n’est plus présentée derrière une vitre, un choix risqué salué par Marc Séguin.
« Je vois la matière, je vois la peinture. J’ai découvert des affaires que je n’avais jamais vues », dit celui qui est enchanté de l’écrin offert aux œuvres de celui qui l’a tant inspiré. « Je suis fier. Nous avons une place le fun, qui montre des œuvres le fun. »
Un financement de 84 M $
- Gouvernement du Québec – 44 M $
- Ville de Québec – 5 M $
- Michael Audain et Yoshiko Karasawa, Pierre Lassonde, André Desmarais et France Chrétien Desmarais – 25 M $
- Fondation du Musée – 10 M $
En chiffres
- 504 œuvres de Riopelle dans la collection nationale
- 235 œuvres présentées à l’Espace Riopelle, dont 131 de Riopelle et 57 artistes exposés
- 45 œuvres offertes par M. Audain et Mme Karasawa (37 de Riopelle)
- 18 œuvres offertes par M. Lassonde (9 de Riopelle)
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