Le procès de Lindsay Clancy, une Américaine accusée d’avoir tué ses trois enfants, intrigue de nombreux internautes québécois qui suivent de très près les procédures judiciaires qui sont largement relayées sur les médias sociaux.
Lindsay Clancy, infirmière de formation, est accusée d’avoir tué ses trois enfants, âgés de 3 ans, 5 ans et 8 mois au moment du drame, survenu le 24 janvier 2023.
Elle aurait demandé à son mari d’aller lui chercher des médicaments avant de commettre le crime par étranglement, avant de tenter de mettre fin à ses jours.
Son procès se tient devant le tribunal de Plymouth, au Massachusetts. Souffrant de problèmes de santé mentale depuis plusieurs mois, à la suite de la naissance de son plus jeune enfant, la défense soutient qu’elle était en état de psychose post-partum au moment des faits.
La poursuite reconnaît ses troubles mentaux, mais affirme qu’elle demeurait consciente de ses actes.
Si elle est reconnue coupable, la femme de 36 ans risque la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Si elle est plutôt reconnue non criminellement responsable, elle pourrait être placée dans un établissement psychiatrique.
Un procès viral sur les réseaux sociaux
Aux États-Unis, le procès est largement couvert par les médias, en plus d’être suivi massivement sur les réseaux sociaux.
L’intérêt dépasse même les frontières américaines, alors que le procès en est à son 17e jour.
« On a des ingrédients clés [pour que le procès soit viral] », explique Me Chanel Alepin, avocate et créatrice de contenu, qui dit recevoir de nombreux messages de son audience souhaitant qu’elle réagisse au procès.
Selon elle, les mères se sentent interpellées par cette histoire, d’autant que le système de santé semble au cœur de l’affaire :
« C’est le système de santé qui semble avoir échappé la balle », ajoute-t-elle.
C’est justement ce qui a accroché Mirelle Giroux, une mère de famille qui suit le procès de près sur les réseaux sociaux.
« J’en rêve presque la nuit », lance-t-elle.
Mirelle Giroux souligne qu’« il y a aussi beaucoup de choses contradictoires qui sont sorties », ce qui l’a « encore plus intriguée », même si elle reconnaît que le public n’a pas accès à tout ce qui se passe en salle de cour.
Théories du complot
Les analyses diffusées depuis le tribunal, combinées aux enquêtes des « détectives TikTok », alimentent de nombreuses spéculations.
« Il va y avoir des internautes qui vont dire : ok, ça ne fonctionne pas, la température de son corps à ce moment-là. Il y en a même qui disent qu’ils ne pensent pas que c’est la mère, mais plutôt le père qui l’a fait, alors que ce n’est même pas abordé dans le procès », explique Me Alepin.
Un procès aussi public, une bonne chose ?
Interrogée sur les conséquences d’un procès aussi médiatisé, Me Chanel Alepin ne perçoit pas nécessairement cet engouement comme un problème.
« D’avoir accès à la salle de cour, ça permet d’avoir confiance en la justice, on voit ce qui se passe, on comprend aussi », explique-t-elle, sans pour autant minimiser certains risques.
« Est-ce qu’il y a un volet négatif parce que ça peut rendre des personnes vedettes ? Et on le sait, il y a déjà des gens qui commettent des crimes et qui se fient sur ces admirareurs. »
Le procès met également en lumière un diagnostic rare : la psychose post-partum.
Selon Statistique Canada, 20 % des femmes reçoivent un diagnostic de dépression post-partum, et entre 1 et 5 femmes sur 1 000 vivraient une psychose post-partum.
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6 days ago
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