«J’ai pas le choix»: des retraités font la file chez Liquidation Marie pour payer moins cher leur épicerie

5 days ago 13

Des retraités qui en arrachent financièrement ont fait la file à l’aube jeudi matin pour être les premiers à entrer dans le nouveau magasin Liquidation Marie de Sainte-Julie.

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« Le gouvernement ne nous donne pas beaucoup d’argent, alors on vient manger ici », a lancé Jacinthe Beauregard, 66 ans, venue de Saint‐Liboire, sur sa chaise depuis 7 h 45.

Elle avait dans sa mire les bavettes de bœuf à 6 $ et le jus de tomate en conserve à moins d’un dollar l’unité.

À ses côtés, son amie Anne Cleary, elle aussi retraitée, dit économiser un bon 130 $ par mois depuis qu’elle fréquente les magasins Liquidation Marie.

Jacinthe Beauregard, 66 ans, et son amie Anne Cleary, de Saint‑Liboire, faisaient partie des fidèles venus à l’aube pour l’ouverture du magasin Liquidation Marie de Sainte‑Julie, le jeudi 15 octobre 2026. Munies de chaises pliantes, elles se sont installées devant le commerce bien avant l’ouverture afin d’être parmi les premières à entrer.

Jacinthe Beauregard, 66 ans, et son amie Anne Cleary, de Saint‑Liboire, faisaient partie des fidèles venus à l’aube pour l’ouverture du magasin Liquidation Marie de Sainte‑Julie, le jeudi 15 octobre 2026. Munies de chaises pliantes, elles se sont installées devant le commerce bien avant l’ouverture afin d’être parmi les premières à entrer. Photo Francis Halin

« Je vis toute seule en appartement, a-t-elle laissé tomber. C’est sûr que j’y vais. J’ai pas le choix ».

Liquidation Marie vient également aider Yolaine Jomphe.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

« J’ai une petite maison mobile, a-t-elle partagé, satisfaite de pouvoir faire des aubaines. Avec les taxes, etc., les mois sont plus serrés. Ça vaut la peine de venir ici. »

Yolaine Jomphe, une retraitée, magasinait au Liquidation Marie de Sainte‑Julie le jour de son ouverture, le 15 octobre 2026. Elle dit que l’augmentation du coût de la vie gruge son pouvoir d’achat et que ce type de commerce l’aide à économiser et à souffler un peu.

Yolaine Jomphe, une retraitée, magasinait au Liquidation Marie de Sainte‑Julie le jour de son ouverture, le 15 octobre 2026. Elle dit que l’augmentation du coût de la vie gruge son pouvoir d’achat et que ce type de commerce l’aide à économiser et à souffler un peu. Photo Francis Halin

Pour l’ouverture du 16e magasin Liquidation Marie, une longue file faisait déjà le tour du bâtiment, au point de devoir contourner le stationnement du Dollarama voisin.

À l’entrée, les clients étaient reçus avec du café, des casquettes et de la musique sous une tente rouge.

Liquidation Marie a ouvert son 16e magasin à Sainte‑Julie le jeudi 15 octobre 2026. «Le Journal» s’y est rendu pour comprendre l’engouement entourant l’enseigne. Une demi-heure avant l’ouverture prévue à 9h, des dizaines de clients faisaient déjà la file devant le commerce, et celle-ci ne cessait de s’allonger.

Liquidation Marie a ouvert son 16e magasin à Sainte‑Julie le jeudi 15 octobre 2026. «Le Journal» s’y est rendu pour comprendre l’engouement entourant l’enseigne. Une demi-heure avant l’ouverture prévue à 9h, des dizaines de clients faisaient déjà la file devant le commerce, et celle-ci ne cessait de s’allonger. Photo Francis Halin

« Il y a des choses qui valent vraiment la peine et d’autres où il faut être vraiment attentifs », a soutenu de son côté Sylvain Rioux, un autre retraité.

Sylvain Rioux, un retraité passionné de golf, a assisté à l’ouverture du magasin Liquidation Marie de Sainte‑Julie, le 15 octobre 2026. Il fréquente l’enseigne environ une fois par mois. Il dit toutefois comparer les prix avec ceux des autres supermarchés afin de s’assurer que les économies sont réellement au rendez-vous.

Sylvain Rioux, un retraité passionné de golf, a assisté à l’ouverture du magasin Liquidation Marie de Sainte‑Julie, le 15 octobre 2026. Il fréquente l’enseigne environ une fois par mois. Il dit toutefois comparer les prix avec ceux des autres supermarchés afin de s’assurer que les économies sont réellement au rendez-vous. Photo Francis Halin

Client numéro 1

Donald Desjardins, le premier en file, est quant à lui un inconditionnel de Liquidation Marie.

« Le gros de l’épicerie, on la fait ici », a vite souligné l’homme arrivé à 6 h 30.

Donald Desjardins, un retraité de 68 ans, était le premier en file à l’ouverture. Dès 6h30, il était déjà posté devant la porte. On le voit avec une casquette offerte en cadeau par l’entreprise aux premiers arrivés. Fromage, viande et autres produits du quotidien... il ne se passe plus de ce magasin.

Donald Desjardins, un retraité de 68 ans, était le premier en file à l’ouverture. Dès 6h30, il était déjà posté devant la porte. On le voit avec une casquette offerte en cadeau par l’entreprise aux premiers arrivés. Fromage, viande et autres produits du quotidien... il ne se passe plus de ce magasin. Photo Francis Halin

En entrevue au Journal, la fondatrice de Liquidation Marie, Marie-Ève Breton, 40 ans, dit avoir des témoignages de clients pris à choisir entre manger et payer leur loyer.

« Il y en a beaucoup qui sont contents de pouvoir se payer une pièce de viande de bœuf », illustre-t-elle.

« J’ai des gens qui pleurent quand on ouvre », soutient celle qui souhaite s’implanter prochainement en Ontario.

Marie-Ève Breton, fondatrice de Liquidation Marie, a accordé une entrevue au «Journal» le jeudi 15 octobre 2026, en marge de l’ouverture de son seizième magasin, à Sainte-Julie.

Marie-Ève Breton, fondatrice de Liquidation Marie, a accordé une entrevue au «Journal» le jeudi 15 octobre 2026, en marge de l’ouverture de son seizième magasin, à Sainte-Julie. Photo Francis Halin

Les 65 ans et plus touchés

Pour Xavier St‐Denis, professeur à l’INRS et spécialiste des inégalités socioéconomiques, qui a cosigné avec Rana Bouazer le rapport Pauvreté persistante et temporaire, publié jeudi avec Centraide, le constat est clair.

« Chez les 65 ans et plus, 19 % ont vécu une situation de pauvreté persistante entre 2016 et 2023, soit cinq points de pourcentage de plus que la moyenne », analyse-t-il.

Xavier St‑Denis, professeur agrégé à l’INRS, a commenté l’ouverture du Liquidation Marie de Sainte‑Julie sous l’angle de la situation financière des Québécois de 65 ans et plus.

Xavier St‑Denis, professeur agrégé à l’INRS, a commenté l’ouverture du Liquidation Marie de Sainte‑Julie sous l’angle de la situation financière des Québécois de 65 ans et plus. Photo fournie par l’INRS

« Il y a 11 % de cette tranche d’âge qui ont passé toutes ces années-là, ou presque, sous le seuil de la pauvreté », observe-t-il.

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