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En 1997, le Québec a mis en place son réseau de centres de la petite enfance (CPE), et s’est engagé à offrir des services de garde éducatifs abordables et largement accessibles. Ce modèle, unique en Amérique du Nord, a été salué pour avoir favorisé la participation des mères au marché du travail et aidé le développement d’enfants issus de milieux défavorisés. Ces dernières années, le programme pancanadien pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants (CWELCC) et le maire de New York, Zohran Mamdani, ont tous deux ouvertement cité le modèle québécois comme source d’inspiration.
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Cependant, ses succès ont masqué des pénuries persistantes et un soutien inéquitable selon les choix des parents. Parce qu’il oriente le financement vers les garderies plutôt que vers les parents, le système québécois n’est ni universel ni équitable, contrairement à ce que l’on prétend.
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Bien que le gouvernement québécois ait inscrit dans la loi que chaque enfant avait “le droit de recevoir des services de garde éducatifs personnalisés de qualité,” en près de trois décennies, l’offre de places subventionnées n’a jamais répondu à la demande. En réduisant considérablement les coûts pour les parents grâce au financement public, cette politique engendre une demande sans cesse croissante: même si de nouvelles places sont créées presque chaque année, l’offre n’a pas réussi à suivre le rythme. À l’heure actuelle, plus de 30 600 enfants figurent toujours sur une liste d’attente du gouvernement.
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Sans changement majeur, il semble très improbable que l’offre parvienne à rattraper la demande. Le gouvernement exige que deux éducateurs sur trois soient qualifiés, et pourtant le nombre de diplômés en éducation à la petite enfance au Québec a fortement diminué ces dernières années. Le système parvient de moins en moins à respecter ses propres exigences de qualité, et révèle précisément pourquoi il ne peut pas être rendu universel. Cette pénurie permanente signifie que certaines familles seront toujours laissées pour compte.
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Les problèmes de main-d’œuvre ne constituent pas le seul défi. Le paysage des services de garde au Québec révèle un système à trois paliers financés de manière inéquitable. Environ la moitié des enfants âgés de 1 à 4 ans fréquentent un CPE ou une garderie subventionnée, financée par l’État à hauteur de 60 à 70 dollars par enfant par jour. Environ 30 pour cent fréquentent une garderie en milieu familial subventionnée ou une garderie non subventionnée couverte par un crédit d’impôt, bénéficiant d’un soutien public d’environ $35 par enfant par jour. Les autres enfants sont pris en charge par leurs parents, des proches, ou d’autres moyens de garde informels. Leurs familles ne reçoivent aucune aide financière comparable pour la garde d’enfants.
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Comme la subvention que les parents reçoivent pour la garde d’enfants dépend de l’option qu’ils choisissent, obtenir une place subventionnée revient à gagner à la loterie: cela représente plus de $8,000 supplémentaires d’aide publique par rapport à ce que reçoit un parent ayant recours à une garderie non subventionnée. Quant aux familles qui préfèrent s’occuper elles-mêmes de leurs enfants, elles reçoivent chaque année environ $18 000 de moins par enfant en transferts qu’une famille disposant d’une place dans un CPE – alors même qu’elles n’engorgent pas le système.
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2 hours ago
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