Essai du Mac Studio M5 Max : l’ordinateur pour l’ère des agents d’IA

6 days ago 3

Quand Apple a lancé son premier Mac Studio il y a quatre ans, il s’agissait d’abord et avant tout d’un ordinateur puissant pour les créatifs : ceux qui effectuent du design 3D et du design 3D, par exemple. Avec l’arrivée des agents d’intelligence artificielle, ce sont désormais aussi les développeurs et ceux qui expérimentent avec l’IA en général qui risquent de s’intéresser aux nouveaux Mac Studio M5 Max et M5 Ultra. Après une semaine d’essai, force est de constater que l’appareil pourrait d’ailleurs transformer comment j’utilise mon ordinateur dans ma vie de tous les jours.

Même ordinateur, mais plus de puissance et plus de mémoire

Photo : Maxime Johnson 

Apple n’a pas complètement réinventé son Mac Studio pour cette nouvelle mouture. L’appareil reprend les mêmes ports et le même design que ses prédécesseurs, soit une boîte métallique simple, et surtout très petite pour un ordinateur aussi performant. La combinaison puissance et élégance du Mac Studio est difficile à battre.

C’est à l’intérieur que l’appareil a changé. Alors que le dernier modèle était équipé d’une puce M3 Ultra ou M4 Max, le nouveau est doté d’une puce M5 Max ou M5 Ultra. Celles-ci sont plus puissantes, et surtout offertes en plus de configurations pour la mémoire vive unifiée, qui peut désormais atteindre 512 Go (le modèle testé ici est un M5 Max avec 64 Go de mémoire et 1 To d’espace, et il est vendu 5449 $, mais l’appareil débute à 3499 $).

IA : quand la technologie rattrape la réalité

Photo : Maxime Johnson 

La mémoire du Mac est unifiée. Autrement dit, elle se trouve directement sur le système sur puce, et elle peut être utilisée autant par le processeur central (CPU), les cœurs graphiques (GPU) et le moteur neuronal (Neural Engine).

Quand Apple a lancé cette architecture avec les premiers ordinateurs M1, la mémoire unifiée était surtout vantée pour son efficacité énergétique et ses avantages graphiques (les cœurs graphiques des puces d’Apple avaient accès à plus de mémoire vive que bien des cartes graphiques dédiées).

Aujourd’hui, avec la gourmandise de l’IA pour la mémoire vive, ce sont surtout les avantages de la mémoire unifiée pour l’IA qui expliquent pourquoi cette architecture connaît son moment de gloire (ce n’est pas pour rien que les Mac Studio et Mac mini précédents ont été en rupture de stock presque toute l’année).

Qu’est-ce que ça veut dire tout ça ? Allons-y avec un exemple concret.

Capture d’écran : Maxime Johnson 

J’ai récemment développé une application mobile pour m’aider à gérer mes films dans mes caméras analogiques (je vous raconterai ça une prochaine fois). J’ai fait l’application en anglais en premier, en me disant que ce serait plus facile de la partager pour avoir des commentaires afin de l’améliorer.

Quand j’ai reçu le Mac Studio, j’en ai profité non pas pour lancer plein de tests de type « benchmarks », mais plutôt pour créer des agents d’IA qui pourraient m’aider à traduire l’application. Ça fonctionne comme suit :

À l’aide d’une application conçue pour gérer les agents d’IA (Hermes Desktop), j’ai créé un premier agent orchestrateur, conçu pour gérer d’autres agents. J’ai ensuite fait différents agents pour séparer le travail de traduction en plus petits morceaux. Un agent capable de comprendre le code détecte par exemple tout ce qui doit être traduit dans l’application, un autre habile avec les mots effectue la traduction et un autre modifie le programme. L’agent orchestrateur, lui, agit comme un chef d’orchestre qui coordonne les différents agents spécialisés au fil du travail.

Est-ce que ça marche ? Dans ce cas-ci précis, un peu, mais ce n’est pas l’idéal. J’aurais probablement pu traduire le tout à la mitaine en dix fois moins de temps que ça m’aurait pris pour créer ces agents (ou plutôt pour décrire à une IA comment créer ces agents, car c’est de cette façon qu’on les fait. Il n’est pas nécessaire de savoir coder).

Même si le Mac Studio est l’ordinateur le plus puissant que j’ai essayé de ma vie, j’arrive très rapidement à la limite de ses capacités en créant des agents d’IA.

Capture d’écran : Maxime Johnson 

Même si le Mac Studio est l’ordinateur le plus puissant que j’ai essayé de ma vie, j’arrive très rapidement à la limite de ses capacités en créant des agents d’IA.

Dans l’ensemble, le Mac Studio se démarque vraiment pour des usages du genre. Même avec un modèle de base, il est possible d’avoir plusieurs petits agents qui effectuent des tâches, ou un modèle d’IA plus gros avec lequel il est possible d’interagir facilement (un ChatGPT local, par exemple). Et ceux qui ont des besoins et des moyens plus gros peuvent aussi en avoir plus, par exemple en augmentant la mémoire vive, en passant à une puce M5 Ultra et même en reliant jusqu’à quatre Mac Studio ensemble pour grouper leur puissance de calcul.

Notons que toutes ces technologies étaient déjà offertes par l’ancien Mac Studio. Mais les agents d’IA n’existaient pas encore au lancement de ce dernier. Aujourd’hui, des modèles d’IA ouverts performants peuvent être installés localement, et les outils pour créer et orchestrer des agents d’IA sont plus puissants et plus accessibles qu’ils ne l’étaient il y a quelques mois à peine.

C’est un peu comme si Kevin Costner avait construit son terrain de baseball dans Field of Dreams (d’où vient le fameux build it and they will come, « si tu le construis, ils viendront »), et qu’une foule d’agents d’IA y étaient arrivés pour jouer au baseball à la place des fantômes de joueurs de baseball (désolé pour le divulgâcheur !).

Toujours le Mac le plus puissant pour créer et jouer

Photo : Maxime Johnson 

Je ne m’attarderai pas trop longuement sur les performances générales du Mac Studio. Celles-ci varient d’une configuration à l’autre, mais surtout, on peut les résumer en deux points :

- Ce sont les Mac les plus puissants à ce jour. Si vous avez besoin d’un Mac très puissant pour le travail, le Mac Studio est le modèle qu’il vous faut. La question est surtout de savoir si un autre modèle moins cher (comme le Mac mini ou un MacBook Pro) pourrait vous convenir.

- C’est le meilleur Mac pour jouer. Mais si le jeu est important pour vous, ce n’est probablement pas un Mac qu’il vous faut, car même s’il est beaucoup plus facile de jouer sur macOS en 2026 qu’en 2016, force est de constater que la plateforme est encore loin derrière Windows (et même désormais Linux).

Pour les curieux, j’ai obtenu un taux d’affichage moyen de 76 images par seconde au « benchmark » intégré de Cyberpunk 2077 avec les graphiques Ultra et une résolution 1440p. Dans les différents tests, les performances de la puce M5 Max étaient sensiblement les mêmes qu’avec un MacBook Pro M5 Max, mais elles sont meilleures lorsqu’elles sont soutenues dans le temps (ce qui est essentiel avec les agents d’IA, qui peuvent œuvrer toute une nuit pour compléter une besogne).

De nouvelles possibilités

Photo : Maxime Johnson 

Même si mon essai avec la traduction de mon application ne s’est pas avéré le plus convaincant (c’était vraiment de la suringénierie pour une aussi petite tâche, qui n’avait besoin d’être effectuée qu’une seule fois), il est clair que les outils d’IA agentique et les ordinateurs puissants comme le Mac Studio ouvrent de nouvelles possibilités, même pour les utilisateurs de tous les jours.

Des agents peuvent par exemple être mis en place pour suivre les courriels de l’école à l’attention des enfants et garder le calendrier familial à jour, ou encore pour gérer une maison connectée.

Personnellement, j’ai l’intention d’en créer un qui va me permettre de mieux gérer mes sauvegardes de photos, afin de réduire ma dépendance aux plateformes infonuagiques. Je pourrais probablement aussi m’en servir pour faire un peu de classement dans mes documents personnels et garder mes dossiers en ordre une bonne fois pour toutes, et pour créer automatiquement des objets pour imprimer en 3D.

Photo : Maxime Johnson 

Ces agents pourraient évidemment tous être créés avec des modèles dans le nuage. Ils seraient d’ailleurs ainsi plus puissants (l’IA agentique nous fait atteindre rapidement les limites de n’importe quelle puce pour ordinateur personnel). Mais le fait de les avoir localement permet d’éviter les mauvaises surprises lorsque la facture mensuelle de son fournisseur d’IA arrive, et de rester en contrôle de ses outils et de ses données.

Notons qu’un usage du genre est évidemment tout à fait possible sur un PC bien équipé. Mais le Mac Studio est petit, silencieux (environ 45 décibels lorsque ses ventilateurs fonctionnent à pleine capacité, selon mes tests) et il consomme peu d’énergie (jusqu’à environ 150 W, soit beaucoup moins que les cartes graphiques habituelles). Bref, on n’a pas l’impression d’avoir un serveur à la maison.

En résumé

Photo : Maxime Johnson 

On aime

  • La combinaison puissance, consommation énergétique et design.
  • Les ports sont nombreux et bien accessibles. C’est facile d’avoir un bureau propre avec le Mac Studio.
  • La possibilité d’avoir beaucoup de mémoire vive pour ceux qui ont les moyens.
  • Il est bruyant pour un Mac, mais silencieux pour un ordinateur de cette puissance.

On aime moins

  • Le stockage de base de 512 Go est trop petit pour un ordinateur du genre.
  • Certaines améliorations, comme le stockage interne, sont chères, ce qui force à recourir à des disques externes.
  • Le prix de base est évidemment cher (quoique ce n’est pas très étonnant en 2026).

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