Entente avec les médecins: la CAQ a renié ses principes, dénonce l’ex-ministre de la Santé Christian Dubé

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Le gouvernement de la CAQ a abandonné ses principes et nui au réseau de la santé en accordant une hausse de l’enveloppe salariale aux médecins sans exiger d’atteindre des objectifs, dénonce l’ex‐ministre Christian Dubé.

L’ancien ténor caquiste publie ce matin un document dans lequel il présente sa vision pour transformer le réseau, dans l’espoir que le prochain gouvernement soit mieux préparé aux négociations avec les médecins et les infirmières prévues en 2028.

Il a également accordé des entrevues au Devoir et à Radio‐Canada, affirmant se sentir désormais libéré de son obligation de réserve.

« On est rendus qu’on donne 10 milliards aux médecins, pour 20 000 médecins. Ça représente un peu moins de 20 % du budget de la Santé. C’est énorme », a‐t‐il mentionné.

Il soutient que le réseau de la santé fonce déjà dans le mur et que l’État « ne donne pas aux Québécois la qualité de services qu’ils paient ».

Lors des récentes négociations, qui ont dérapé et mené à sa démission, l’ex‐ministre souhaitait adopter une ligne dure et même se tourner vers les tribunaux pour forcer le changement.

Son objectif était d’affilier 100 % de la population à un milieu de soins, sans accorder de hausse salariale.

Il s’appuyait sur une étude de HEC selon laquelle plus les tarifs des actes médicaux augmentent, plus l’offre de services diminue.

« Plus vous montez les honoraires, moins il y a d’accès », a‐t‐il expliqué.

Christian Dubé

Christian Dubé Photo STEVENS LEBLANC

Selon M. Dubé, les omnipraticiens offrent 30 % moins de rendez‐vous le vendredi. Les médecins invoquaient la recherche et l’enseignement, mais Québec manquait de données pour valider ces affirmations.

François Legault a finalement accordé une hausse salariale de 14 % aux médecins, en échange du maintien du GAP et de 500 000 rendez‐vous supplémentaires. Il ne s’agit toutefois pas d’une prise en charge automatique.

« Je pense qu’on a abandonné des principes. Le principe de trouver une façon de prendre 100 % de la population en charge », a‐t‐il déclaré.

Il admet par ailleurs avoir perdu la bataille de l’opinion publique, estimant que les médecins ont su rallier la population, qui craignait de perdre ses omnipraticiens.

Des tabous à briser

Dans son document, l’ex‐ministre de la Santé de 2020 à 2025 estime qu’il faut revoir plusieurs aspects du réseau public et s’attaquer à certains tabous. Les syndicats y exercent une influence importante, selon lui.

Il cite notamment les conditions de l’assurance invalidité des infirmières : environ 50 000 des 350 000 employés du réseau en bénéficient actuellement, avec 80 % du salaire versé pendant deux ans.

Ailleurs au pays, note‐t‐il, les infirmières ont plutôt droit à 60 % du salaire pendant un an. À son avis, un changement pourrait réduire de moitié les effectifs sur ce régime et permettre au réseau de pourvoir davantage de postes.

Pour freiner l’exode des médecins vers le privé, il propose aussi d’imposer un plafond aux actes médicaux réalisés à l’extérieur du réseau public.

Il estime enfin que l’État doit revoir le panier de services couverts gratuitement, notamment en ce qui concerne l’hébergement des patients.

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