[EN VIDÉO] Sans garderie, une infirmière quitte le réseau de la santé

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Une nouvelle publicité de l’organisme Ma place au travail, diffusée dès mercredi, met en lumière les conséquences de la pénurie de places en service de garde sur les travailleuses essentielles. Parmi elles figure Maude Bellerose, une ex-infirmière qui n’a jamais pu retourner au travail faute d’avoir trouvé une place en garderie. 

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Alors que les élections approchent, l’organisme Ma place au travail dévoile mercredi une deuxième publicité visant les cinq principaux partis politiques. La capsule, obtenue en primeur par l’Agence QMI, raconte l’histoire d’une infirmière qui n’a finalement pas pu retourner travailler faute de trouver une place en garderie.

La publicité veut illustrer l’« effet domino » de la pénurie de services de garde sur l’ensemble de la société, a expliqué Ma place au travail par écrit, mardi. Des travailleuses essentielles, telles les infirmières, enseignantes, gestionnaires et même candidates aux élections, se retrouvent contraintes de mettre leur carrière sur pause.

Pour Maude Bellerose, mère de trois enfants et ex-infirmière technicienne au CISSS de Lanaudière, à Joliette, cette situation n’a rien d’hypothétique. Elle raconte avoir été confrontée à l’absence de solution de garde après ses congés de maternité.

« À la fin de mon deuxième congé de maternité, j’ai dû retourner au travail. Je n’avais pas de garderie, ni d’autres alternatives », a-t-elle témoigné à l’Agence QMI.

Elle occupait alors un poste de nuit. Elle a finalement obtenu un poste de soir sur le même étage et, avec son conjoint, a tenté de « jongler les horaires ». Mais après quelques mois, la situation familiale est devenue de plus en plus difficile.

« Nous en sommes venus à la conclusion, mon conjoint et moi, que nous n’arrivions plus à jongler entre nos enfants et nos emplois, surtout le mien », a-t-elle spécifié, évoquant le temps supplémentaire obligatoire (TSO) et les conditions de travail.

Capture de la publicité d'une infirmière absente de l'organisme à but non lucratif Ma place au travail.

Capture / Publicité de l'organisme Ma place au travail 

Capture de la publicité d'une infirmière absente de l'organisme à but non lucratif Ma place au travail.

Sans autre soutien, Maude Bellerose a finalement démissionné. Le salaire et les horaires plus stables de son conjoint ont notamment pesé dans la balance.

« Cette décision et ces prises de conscience ont suivi une thérapie que j’ai dû entreprendre afin de me sortir la tête de l’eau », a-t-elle poursuivi.

Pour elle, son histoire dépasse son propre cas.

« Nous sommes beaucoup plus nombreuses qu’il paraît à vivre ces difficultés. Et oui, nous sommes bien en 2026 », a affirmé l’ancienne infirmière du secteur public.

Cette situation laisse les femmes en situation de précarité et de vulnérabilité extrême, dit-elle.

Capture / Publicité de l'organisme Ma place au travail 

Un enjeu qui dépasse les garderies 

La première publicité de cette offensive avait été dévoilée la semaine dernière. Elle mettait en scène une mère forcée de mettre ses ambitions politiques et professionnelles sur pause faute de place en garderie pour son enfant.

Avec cette campagne en deux volets, l’organisme à but non lucratif et non partisan Ma place au travail souhaite faire de l’accessibilité et de la qualité des services de garde éducatifs à l’enfance (SGEE) un enjeu majeur de la campagne électorale.

Selon lui, chaque place manquante représente plus qu’une famille en attente : elle peut aussi signifier une travailleuse qui ne peut retourner sur le marché du travail.

« Les femmes ne devraient pas avoir à choisir entre leurs enfants et leurs carrières », estime Maude Bellerose. « Ce n’est absolument pas un choix juste et équitable. »

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