S’il demeure à la traîne dans les intentions de vote en Estrie, comme c’est actuellement le cas, Charles Milliard risque, le 5 octobre, de perdre son audacieux pari de relancer les rouges à partir de cette région.
En effet, selon notre grand sondage régional Léger–Le Journal–TVA, le Parti libéral du Québec n’y recueille, au déclenchement des élections générales, que 16 % des voix. La CAQ en obtient 10 de plus (26 %) et le Parti Québécois, 20 (36 %).
« L’Estrie, pour moi, est au cœur de la reconquête du parti », déclarait Milliard en mai à La Presse, précisant qu’il conférait à cette région « un rôle de locomotive ».
Depuis 2018, le PLQ n’a remporté aucun des huit sièges estriens. La CAQ les a tous occupés à l’exception de Sherbrooke, conquis et conservé tout ce temps par Christine Labrie, de Québec solidaire.
Passé
Pourtant, en Estrie, le PLQ a une grande tradition de victoires durables et même de dynasties. Pierre Paradis a remporté Brome-Missisquoi en 1980 et ne l’a quitté qu’en 2018. Yvon Vallières a occupé le siège de Richmond de 1981 à 2012 ; année où sa fille Karine lui a succédé, jusqu’en 2018.
L’Estrie fut évidemment déterminante sous Jean Charest, fils de cette même région et député de Sherbrooke de 1998 à 2012. Sa « marraine » au parti, Monique Gagnon-Tremblay, garda Saint-François rouge de 1985 à 2008.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Présent
Milliard table sur le souvenir de ce passé glorieux pour que le PLQ sorte enfin de l’ouest de l’île de Montréal, où il est pratiquement confiné depuis huit ans.
Pour ce faire, il a posé plusieurs gestes. Lui-même y a élu domicile ; à North Hatley plus précisément. Après sa défaite à la chefferie en juin 2025, il a été brièvement professeur à l’Université Bishop’s. Il comptait déjà se porter candidat dans la circonscription d’Orford. Ce qu’il fera.
Député de Marguerite-Bourgeoys depuis 2022, Frédéric Beauchemin, joueur économique important de l’opposition libérale à l’Assemblée nationale, a décidé de libérer son comté sûr et de se présenter dans Brome-Missisquoi, où il a maintenant sa résidence principale.
Milliard a aussi réussi à attirer une grosse pointure estrienne : dans Sherbrooke, il présentera le professeur, médecin et ex-recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette. Il lui a promis un « rôle sénior dans un futur gouvernement libéral ».
Une source qui connaît bien l’Estrie confie qu’avant le dévoilement de ce chiffre de 16 %, Orford semblait « pratiquement acquis » à Charles Milliard, alors que les sept autres comtés étaient déjà pratiquement hors de portée, surtout Johnson et Granby. Maintenant, plus rien ne semble acquis pour les rouges. Même pas la circonscription comportant le plus haut pourcentage d’anglophones (15,31 %), Brome-Missisquoi. Évidemment, dans Orford, Milliard bénéficiera d’une « prime au chef ». Cela suffira-t-il ?
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1 week ago
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