Des Québécois iront manifester en France malgré la répression

1 day ago 15

Des Québécois présentement en France sont déterminés à retourner manifester samedi malgré un gouvernement qui multiplie les mesures répressives pour étouffer les protestations.

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« Je ne veux pas jouer à la touriste autruche. Les droits humains de tous me tiennent à cœur et tant qu’à être à Paris, je vais me rendre utile », explique Trish Dufresne-Nasser, 25 ans, de Montréal.

Trish Dufresne-Nasser, 25 ans, de Montréal, est allée manifester le week-end dernier à Paris.

Photo fournie par Trish Dufresne-Nasser 

Trish Dufresne-Nasser, 25 ans, de Montréal, est allée manifester le week-end dernier à Paris.

La tatoueuse, de passage en Europe pour le travail, marchera dans les rues de Paris samedi malgré l’approche dure du gouvernement d’Emmanuel Macron qui dit vouloir « rétablir l’ordre » à la suite du soulèvement de samedi dernier.

Un gouvernement qui fait « le sourd »

Après un mois de manifestations des lycéens, qui demandent à étudier dans des conditions dignes, d’autres mouvements comme celui des Gilets jaunes ont convergé dans la rue la semaine dernière contre la hausse du coût de la vie.

Trois Montréalais, Trish Dufresne-Nasser, Charlotte Lehoux et Calvin Lpos, sont allés manifester le week-end dernier en France et seront à nouveau de la partie pour l'acte 2 ce samedi.

Photos fournies par Trish Dufresne-Nasser, Charlotte Lehoux et Calvin Lpos 

Trois Montréalais, Trish Dufresne-Nasser, Charlotte Lehoux et Calvin Lpos, sont allés manifester le week-end dernier en France et seront à nouveau de la partie pour l'acte 2 ce samedi.

« Il y a en France un ras-le-bol de voir les inégalités sociales monstrueuses se creuser. Et après avoir fait le sourd pendant huit ans, le gouvernement demande maintenant aux gens de rester chez eux », vulgarise l’expert en droit social de l’Université du Québec à Montréal et avocat français Martin Gaillé.

Selon France info, au moins trois civils sont morts samedi dernier, une adolescente a été éborgnée et un garçon de 17 ans a perdu une main. Des dizaines de manifestants, souvent jeunes, ont été gravement blessés dans de nombreuses villes. Ils s’ajoutent aux quatre mineurs mutilés pendant les mobilisations des dernières semaines.

Sept policiers ont été gravement blessés, selon le même média, et plus de 2400 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs mineurs placés en garde à vue dans des conditions « indignes », d’après le Barreau de Paris.

Des mineurs ont été placés en garde à vue dans des conditions dégradantes, selon le Barreau de Paris. Les jeunes sont enfermés dans de petites cellules salles et froides, sans matelas. Des bouteilles d'urines ont été retrouvées dans certaines d'entre elles.

Photo AFP 

Des mineurs ont été placés en garde à vue dans des conditions dégradantes, selon le Barreau de Paris. Les jeunes sont enfermés dans de petites cellules salles et froides, sans matelas. Des bouteilles d'urines ont été retrouvées dans certaines d'entre elles.

En marge des manifestations contre « la vie chère » du 17 octobre, des commerces ont été saccagés et pillés. Des lieux de pouvoir ont été incendiés. 

Un passant prenait une photo des vitres placardées d'un commerce, vendredi, en prévision des manifestations de samedi, à Bordeaux.

Photo AFP 

Un passant prenait une photo des vitres placardées d'un commerce, vendredi, en prévision des manifestations de samedi, à Bordeaux.

Interdictions et couvre-feux

« La recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestations », a martelé le président Emmanuel Macron à l’issue d’un Conseil de sécurité jeudi.

Dans plusieurs villes, les rassemblements ont été interdits et des couvre-feux sont imposés depuis quelques jours.

Un hélicoptère patrouillait mardi au-dessus de la place de la République à Paris pendant un couvre-feu.

Photo AFP 

Un hélicoptère patrouillait mardi au-dessus de la place de la République à Paris pendant un couvre-feu.

« Je rentrais du cinéma l’autre jour et je voyais qu’il y avait un hélicoptère qui tournoyait autour de la place de la République... C’est très intense », souligne la Québécoise Charlotte Lehoux, 27 ans.

La Québécoise Charlotte Lehoux compte retourner manifester ce samedi, à Paris.

Photo fournie par Charlotte Lehoux 

La Québécoise Charlotte Lehoux compte retourner manifester ce samedi, à Paris.

À Marseille, « il y a des gendarmes partout qui font des contrôles, souligne le Montréalais Calvin Lpos, 28 ans. Le gouvernement ne se rend pas compte de la colère que ça va créer. »

L’armée dans les rues

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé que l’armée serait déployée samedi, avec plusieurs unités d’élite et des chars blindés.

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez.

Photo AFP 

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez.

En tout, plus de 70 000 membres des forces de l’ordre seront mobilisés.

On assiste à une « montée de l’autoritarisme, une répression sans précédent et une banalisation de la violation des droits et libertés fondamentaux », s’alarme l’expert Martin Gaillé.

Le week-end dernier, Trish Dufresne-Nasser a été confrontée aux effets du gaz lacrymogène pour la première fois.

Des manifestants marchant à travers le gaz lacrymogène le 17 octobre 2026, à Lille.

Photo AFP 

Des manifestants marchant à travers le gaz lacrymogène le 17 octobre 2026, à Lille.

Bien qu’elle s’admette terrifiée, elle retournera manifester samedi.

Des membres de la Brigade anticriminalité ont fait face à des manifestants le 17 octobre 2026, à Lille.

Photo AFP 

Des membres de la Brigade anticriminalité ont fait face à des manifestants le 17 octobre 2026, à Lille.

« Ça serait trop triste, je trouve, de baisser les bras... et je veux montrer que les répressions du gouvernement sont absurdes et autoritaires », conclut Charlotte Lehoux, qui ira marcher elle aussi.

Vendredi, Macron a reçu pour la première fois depuis le début de la contestation les organisations lycéennes, qui ont appelé à poursuivre le mouvement.

- Avec l’Agence France-Presse

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