Les grandes entreprises pétrolières empochent des milliards de dollars tout en générant une pollution qui tue des milliers de gens, dénonce OXFAM-Québec, qui réclame une taxe sur les profits excessifs.
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Les six plus grandes entreprises mondiales du secteur des combustibles fossiles sont en voie de doubler leur bénéfice net pour le deuxième trimestre de 2026, avance l’organisation en s’appuyant sur des données de S&P Capital IQ.
BP, Chevron, Eni, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies devraient donc voir leurs profits passer de 23 à 45 milliards de dollars par rapport au premier trimestre, pour un total anticipé de 147 milliards $ cette année.
En extrapolant à partir de ces chiffres, OXFAM-Québec évalue qu’ExxonMobil génère donc 1800 $ de profits par seconde, tandis que Chevron empoche 1200 $ chaque seconde.
« On fait des calculs pour montrer non seulement l’indécence, si on veut, dans le contraste entre ces profits complètement hyperboliques et puis la réalité de la vaste majorité des gens qui en arrachent avec le coût de la vie », a commenté Céline Füri, directrice des politiques et des campagnes chez Oxfam-Québec, en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal.
Cette dernière déplore par ailleurs que ces profits records s’accompagnent d’une pollution massive qui entraîne des changements climatiques ayant des répercussions majeures partout dans le monde, comme les feux de forêt qui font rage en Europe et ici même au Canada.
« En Europe, il y a eu plus de 10 000 morts en excès des morts habituels à ce temps-ci de l’année. Il y a eu des dizaines de milliers de morts aussi en Inde à cause de vagues de chaleur et on a calculé que ces six plus grandes compagnies privées de pétrole et de gaz [...] sont responsables, à cause de leurs émissions de gaz à effet de serre, d’une vague de chaleur sur quatre depuis le début des années 2000 », argumente Mme Füri.
« Donc, il y a vraiment une responsabilité directe pour finalement des milliers de morts dans le monde, mais aussi des infrastructures essentielles qui sont détruites et qui permettent aux économies de subsister puis aux gens de gagner leur croûte. C’est des logements qui sont détruits, c’est vraiment le coût de la vie, le coût de l’énergie et puis le bien-être vital des gens qui est affecté par ça », ajoute-t-elle.
Une taxe sur les profits excessifs
Tout en reconnaissant que le consommateur a aussi sa part de responsabilité et qu’il faut agir sur plusieurs fronts, OXFAM-Québec souhaite qu’une taxe soit imposée sur les profits excessifs des géants pétroliers.
« À partir du moment où le baril de pétrole atteint un certain seuil et donc où les profits deviennent vraiment exceptionnels, on demande une contribution temporaire d’environ 25 %, qui permettrait de récolter environ 500 milliards de dollars en une année », soutient Céline Füri.
Une telle somme permettrait de couvrir les frais d’adaptation climatique de l’ensemble des pays à faible revenu, selon OXFAM-Québec.
En parallèle, le gouvernement devrait instaurer un cadre législatif pour éviter que les entreprises refilent la facture aux consommateurs, précise l’organisme.
« Les primes d’assurance montent, le coût de l’essence a monté, c’est déjà le cas. Ce sont les contribuables, ce sont les consommateurs moyens qui assument finalement un problème qui a été causé par une certaine industrie, comme à une autre époque l’industrie du tabac qui a dû aussi payer des dédommagements en réponse à cette responsabilité directe qu’elle avait », souligne Mme Füri.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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