Un camp de jour de Montréal se trouve dans l’eau chaude après que des animateurs ont oublié des enfants à une piscine municipale extérieure lors de deux événements distincts survenus en juillet.
« Ma fille s’est retrouvée seule, en maillot de bain, pendant plus de 20 minutes », soupire avec émotion Chourouk Moudine, la mère de la jeune Elya, 7 ans. Vendredi après-midi, l’animateur du camp de jour du Centre culturel, social et éducatif (CCSE) Maisonneuve, où la fillette passe ses journées, a quitté l’aire de la piscine Maisonneuve du parc Francine-Léger sans s’assurer de sa présence.
Alors que l’enfant était seule, un homme se serait approché pour discuter de longues minutes avec elle, selon une témoin rencontrée par Le Journal.
« Je regardais toujours dans sa direction. Je le trouvais trop louche », raconte Katerine Montmarquette Moreau, qui a remarqué que quelque chose clochait.
L’homme aurait finalement signalé à une sauveteuse que la fillette n’était plus sous la supervision de son animateur après une vingtaine de minutes, sous les yeux de Mme Montmarquette Moreau et de son conjoint.
Rupture de supervision
La direction du CCSE Maisonneuve reconnaît qu’il y a eu une « rupture de supervision » vendredi dernier.
« Nous en reconnaissons la gravité et sommes sincèrement désolés de ce que l’enfant et sa famille ont vécu », mentionne la directrice générale, Nadia Bourassa.
Selon son rapport, l’animateur du groupe d’Elya se trouvait dans une aire gazonnée, à une quinzaine de mètres à l’extérieur de la zone clôturée de la piscine.
Il se serait rendu compte de son absence lors de la prise des présences, avant de retourner au centre communautaire. La prise de conscience aurait coïncidé avec le moment où la sauveteuse aurait ramené la petite Elya auprès de son groupe.
Or, cette version contraste avec celle de Mme Montmarquette Moreau, qui soutient que le groupe était déjà parti et que d’autres animateurs se seraient chargés de ramener l’enfant.
Très fâché
Le camp de jour avait pourtant déjà assuré à un autre parent que ce genre d’événement ne se reproduirait plus, dans un échange de courriels ayant suivi l’oubli de son garçon à cette même piscine municipale, au début du mois.
« J’étais très fâché », affirme Perry Mainville, dont le fils de 8 ans a dû retourner au centre communautaire avec un autre animateur puisque son groupe était déjà parti.
Le CCSE Maisonneuve lui avait ensuite présenté ses excuses, indiquant que des mesures seraient mises en place. M. Mainville avait décidé de « leur laisser le bénéfice du doute », mais s’est senti obligé de dénoncer la situation après le deuxième événement de vendredi.
« Je pensais que c’était un cas isolé. Mais ça continue d’arriver. C’est complètement inacceptable », fustige-t-il.
La directrice générale assure de son côté que les décomptes se feront désormais à partir de la liste des noms des enfants, et ce, avant et après chaque déplacement.
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