Christine Fréchette de retour à la réalité

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Pour Christine Fréchette, la parenthèse bénie de la prorogation de l’Assemblée nationale s’est refermée. Bénie, parce qu’elle aura permis à la nouvelle première ministre de multiplier ses apparitions médiatiques pendant que les partis d’opposition étaient éclipsés.

Avec le bref retour au Parlement jusqu’au 12 juin, il lui sera cependant impossible d’échapper aux nombreux vrais problèmes qui minent le Québec.

Parce qu’elle dirige un gouvernement en fin de régime, Mme Fréchette ne pourra plus se contenter d’une stratégie axée essentiellement sur la communication et la tactique, comme elle l’a fait jusqu’ici avec grande habileté.

Même son engagement à reconduire prématurément la clause dérogatoire pour la loi 96 ne porte pas en soi sur la protection du français. Il est surtout stratégique en ce qu’il rassure son aile nationaliste, tout en embarrassant le chef libéral, Charles Milliard.

Son approche plus conciliatrice de « partenariat » avec Mark Carney et la société civile vise aussi trois objectifs tout d’abord tactiques.

Se distinguer de son prédécesseur plus polarisant. Empêcher le Parti Québécois de profiter de conflits avec le fédéral. Tenter de reconquérir des électeurs francophones fédéralistes attirés par les libéraux sous Charles Milliard.

Communication et tactique

Bref, Mme Fréchette se révèle une excellente communicatrice, doublée d’une tacticienne éveillée. Pour le moment, ce qui manque à l’appel, ce sont des politiques substantielles capables de commencer à prendre à bras-le-corps certains des problèmes les plus criants.

Dans l’immédiat, prenons le Dossier santé numérique (DSN). Devant les alarmes sonnées par des médecins et son ex-ministre Gilles Bélanger craignant une implantation chaotique par Santé Québec, la première ministre a diffusé une vidéo pour assurer à la population que tout finirait par bien aller.

Après le fiasco SAAQclic, elle tente avec raison de montrer qu’elle a les deux mains sur le volant du DSN, mais son pari de communicatrice est risqué.

S’il fallait que les sonneurs d’alerte aient vu juste et que des patients en pâtissent dans les deux régions cobayes du DSN, elle en porterait la responsabilité.

Philosophie attentiste

Plus largement, il reste que le réseau de la santé est toujours aussi dysfonctionnel. Tout comme on attend encore une politique plus proactive pour apaiser une crise du logement marquée par des hausses vertigineuses de loyers, forçant de nombreux Québécois à couper jusque sur l’épicerie.

Remettre un peu d’argent « dans leur portefeuille », comme elle propose de le faire à l’instar de son prédécesseur, n’y changera rien.

Des formules classiques de communication, son discours d’ouverture truffé à répétition des mots « avenir », « nouveau » et « changement », malgré huit ans de gouvernement caquiste, en regorgeait d’ailleurs à son tour.

Or, comme le rappelait avec ironie un rare épisode plus politique de La petite vie: « L’avenir, c’est demain et demain, c’est l’avenir »...

C’est pourquoi, sur le fond des choses, si Christine Fréchette ne s’engage pas à agir plus concrètement sur les vraies priorités des citoyens, les autres partis, eux, peaufinent des plateformes électorales qui proposeront de le faire.

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