60 minutes d’activité physique à l’école? Des enjeux d’espace et de temps

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Imposer 60 minutes d’activité physique par jour dans les écoles comme le promet le Parti Québécois ne serait pas si simple en raison du manque de plateaux sportifs et des matières à enseigner.

Chez les écoliers du primaire, l’addition des récréations, du temps passé au service de garde et de deux ou trois cours d’éducation physique bien répartis dans la semaine peut représenter une heure quotidienne d’activité physique, estime Francis Côté, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« Le défi va peut-être être d’avoir des espaces, d’avoir des plateaux. Quand il pleut et que les enfants vont faire les récréations à l’intérieur ou quand il fait trop froid l’hiver, c’est un défi de logistique », précise-t-il en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Certains établissements n’ont qu’un petit gymnase, parfois même plutôt ce qui s’apparente à une salle polyvalente, pour des centaines d’écoliers.

Au secondaire, le défi est ailleurs. Les cours d’éducation physique et le sport parascolaire sont souvent les seules façons de faire bouger les adolescents. En raison des « grilles-matières, ça peut être un enjeu plus complexe », insiste Francis Côté.

Paul St-Pierre Plamondon n’a pas voulu s’avancer, plus tôt cette semaine, sur ce qui serait inclus dans cette heure d’activité physique obligatoire. Les états généraux sur l’éducation qu’il s’est engagé à tenir une fois au pouvoir préciseraient les contours de cette promesse.

Mais, si on décide d’augmenter le nombre d’heures des cours d’éducation physique, des matières devront sauter, souligne le directeur d’école. « C’est une chose de promettre de faire bouger plus les enfants, c’en est une autre de tout réaliser ce qui pourrait être bon pour eux dans 35 heures d’école par semaine. On est limité par le temps, on est limité par l’espace. »

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission Rizqy-Villemure, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM

Le rôle des familles

Francis Côté signale que l’école voit sans cesse la liste de ses mandats s’allonger : examen dentaire des plus petits, examen de la vue, vaccination...

« Mais quel est le rôle des familles là-dedans ? Parce que là, on se demande comment rentrer une heure d’éducation physique par jour, mais moi, quand je reviens de l’école jusqu’à ma maison, les parcs sont vides, les enfants, ils ne sont pas à vélo, ils sont en trottinette électrique et ils marchent peu pour aller à l’école. »

Selon lui, l’école ne doit pas être la seule responsable de faire bouger davantage les bambins et les adolescents.

États généraux

Chez les enseignants, on accueille aussi cette promesse avec un brin de scepticisme.

Bien sûr, si tous les acteurs réunis dans une grand-messe pour l’éducation s’entendent pour prioriser cet enjeu, « tout est possible », commence Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec(CSQ).

En même temps, le diable est dans les détails : imposer une heure quotidienne d’activité physique implique probablement la réduction d’autres matières, peut-être même de l’horaire des écoles.

« C’est complexe, c’est pour ça qu’il faut asseoir tout le monde, c’est pour ça que ça prend des états généraux sur l’éducation parce que c’est de ça qu’il faut se parler, dit-il. Ça fait trente ans qu’on n’en a pas eu. »

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